La France dit non au Mercosur : un accord « d'un autre âge »
Emmanuel Macron a confirmé que la France voterait contre l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur, qualifiant ce texte de « négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes ». Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le chef de l'État a réaffirmé son attachement au commerce international, tout en dénonçant un accord « inadapté aux défis contemporains ».
Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes avec les agriculteurs français, qui craignent un afflux de produits brésiliens à bas coût, notamment de viande bovine et de sucre. Les syndicats agricoles dénoncent une « trahison » de l'exécutif, tandis que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer en promettant des mesures de compensation.
Face à Trump, Macron plaide pour un multilatéralisme renforcé
Dans une allocution remarquée, Emmanuel Macron a fustigé le « nouveau colonialisme » des États-Unis, pointant du doigt la politique étrangère de Donald Trump, accusée de se détourner des alliés traditionnels et de bafouer les règles internationales. « Nous assistons à une fragmentation du monde où les puissances tentent de se partager les zones d'influence », a-t-il déclaré.
Le président français a également critiqué la Chine pour son « agressivité commerciale » et la Russie, qualifiée de « puissance de déstabilisation ». Mais ses propos les plus durs ont visé Washington, évoquant une « agressivité néocoloniale » croissante, illustrée par les récentes tentatives américaines de capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro ou les revendications sur le Groenland.
Un positionnement européen en question
Alors que la France s'isole sur le dossier Mercosur, plusieurs pays européens, comme l'Allemagne et l'Espagne, soutiennent encore l'accord. Cette divergence pourrait affaiblir la position française au sein de l'UE, alors que le gouvernement Lecornu II tente de relancer une diplomatie européenne plus assertive.
À l'inverse, les critiques de Macron envers Trump pourraient renforcer les liens avec des partenaires comme le Canada, le Japon ou les pays nordiques, partageant une vision commune du multilatéralisme. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits face à l'hostilité croissante des États-Unis.
Les agriculteurs en colère : un mouvement qui s'amplifie
Les manifestations des agriculteurs se multiplient à travers le pays, avec des blocages de routes et des rassemblements devant la tour Eiffel. Les syndicats dénoncent un « abandon » de la part de l'État, tandis que le gouvernement promet des aides financières et des mesures protectionnistes.
Cette crise s'inscrit dans un contexte plus large de défiance envers les institutions, alimentée par la « crise des vocations politiques » et la « crise de la démocratie locale ». Les partis de gauche, comme LFI, appellent à une réforme en profondeur de la politique agricole, tandis que la droite et l'extrême droite exploitent le mécontentement pour critiquer l'exécutif.
Un enjeu pour 2027
Alors que la campagne pour les élections législatives de 2027 s'annonce tendue, cette crise agricole pourrait peser lourd dans les urnes. Le Rassemblement National et Reconquête ! tentent de capitaliser sur le mécontentement, tandis que la majorité présidentielle cherche à rassurer les électeurs ruraux.
Dans ce contexte, la position de Macron sur le Mercosur et son opposition à Trump pourraient soit renforcer son image d'homme d'État indépendant, soit affaiblir sa base électorale face à une droite nationaliste en pleine ascension.