La France s'oppose seule au traité UE-Mercosur
Alors que les États membres de l'Union européenne s'apprêtent à valider le traité de libre-échange avec le Mercosur, la France se retrouve en position d'isolement politique. Emmanuel Macron, sous la pression des agriculteurs, a annoncé son opposition à l'accord, mais cette position ne suffira probablement pas à bloquer le processus.
Un vote sous haute tension
Le vote, prévu ce vendredi 9 janvier à Bruxelles, se déroulera en deux temps. D'abord une procédure écrite, puis un vote électronique. Malgré les réticences françaises, l'accord devrait être adopté, au grand dam de Paris. Les détracteurs, dont la France, craignent un affaiblissement de l'agriculture européenne face à des produits moins chers et moins respectueux des normes environnementales.
Les partisans de l'accord défendent une relance économique
Pour les partisans comme l'Allemagne et l'Espagne, cet accord permettrait de relancer une économie européenne affaiblie par la concurrence chinoise et les droits de douane américains. Emmanuel Macron tente de sauver la face en dénonçant un accord « d'un autre âge », mais son échec à rassembler une minorité de blocage affaiblit la position française.
La colère agricole, un enjeu politique majeur
La mobilisation des agriculteurs, notamment celle de la Coordination rurale, a forcé le président français à prendre position. Les manifestations à Paris, avec des tracteurs devant l'Arc de Triomphe et la Tour Eiffel, ont marqué les esprits. Macron tente de rassurer en promettant des avancées, comme une clause de sauvegarde, mais rien n'indique que la colère va retomber.
Un isolement politique inédit
La France, pays fondateur de l'UE, se retrouve dans une minorité de blocage. Cette situation inédite interroge sur le poids réel de la France dans les décisions européennes.
« Nous sommes un État fondateur, incontournable, notre rôle reste entier et intact », se défend l'Élysée.Mais l'histoire semble en décider autrement.
Un accord controversé malgré les promesses
La présidence du Conseil a retiré en dernière minute une déclaration exigeant l'approbation du Parlement européen avant toute application provisoire. Cela laisse craindre une application anticipée de l'accord, malgré les réserves des eurodéputés. Macron, chantre d'une Europe puissante, se retrouve affaibli sur la scène internationale.
Les conséquences politiques
Cette décision pourrait avoir des répercussions sur la stratégie des partis pour 2027. La gauche, favorable à une Europe sociale, pourrait capitaliser sur cet échec, tandis que la droite et l'extrême droite pourraient exploiter le sentiment d'isolement français. La crise agricole s'inscrit dans un contexte plus large de tensions politiques et économiques.