Une opération militaire controversée
Dans la nuit de vendredi à samedi, les États-Unis ont mené une opération militaire au Venezuela, qualifiée de "réussie" par l'ancien président Donald Trump. Cette intervention, qui a conduit à l'arrestation et à l'exfiltration du président vénézuélien Nicolás Maduro, a suscité une vague de condamnations en France, notamment parmi les dirigeants des partis de gauche.
La gauche française unie contre l'impérialisme américain
Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a immédiatement réagi sur le réseau social X, dénonçant une "violation flagrante du droit international". "La paix du monde entier est en cause", a-t-il affirmé, ajoutant que les États-Unis s'emparent du pétrole vénézuélien sous de faux prétextes.
"Les USA de Trump s'emparent du pétrole du Venezuela en violant sa souveraineté avec une intervention militaire d'un autre âge et l'enlèvement odieux du président Maduro et de son épouse."
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a renchéri en critiquant le silence des autorités françaises. "Les États-Unis renouent avec les coups d'État et la guerre", a-t-il déclaré, interrogeant l'absence de réaction des "grands esprits de la liberté et de la démocratie".
Olivier Faure et Fabien Roussel dénoncent une violation du droit international
Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, a qualifié l'opération d'"enlèvement" et appelé à une condamnation unanime, quelle que soit l'opinion sur Maduro. "La force ne peut remplacer le droit", a-t-il souligné, mettant en garde contre la délégitimation des institutions internationales.
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a quant à lui dénoncé un "scandale absolu" motivé par le pétrole et les minerais. Il a exigé la libération immédiate de Maduro et la saisine du Conseil de sécurité de l'ONU.
Marine Tondelier : "Un effondrement du droit international"
Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, a condamné une "agression manifeste et illégale" contre un État souverain. "Après l'Ukraine, Gaza et la RDC, c'est un nouvel effondrement du droit international", a-t-elle déclaré, appelant la France à condamner fermement cette violation.
La France face à ses contradictions diplomatiques
Alors que le gouvernement français, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, n'a pas encore officiellement réagi, les critiques de la gauche soulignent un double standard dans la politique étrangère française. "Comment peut-on dénoncer l'agression russe en Ukraine tout en restant silencieux face à une intervention américaine aussi flagrante ?", interroge un proche de Jean-Luc Mélenchon.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et plusieurs pays d'Amérique latine, où la France tente de jouer un rôle médiatrice. "La crédibilité de la France en tant que défenseur du droit international est en jeu", estime un analyste politique.
Un précédent dangereux pour l'Amérique latine
Les réactions de la gauche française s'inscrivent dans un débat plus large sur l'impérialisme américain en Amérique latine. Plusieurs experts soulignent que cette opération pourrait encourager d'autres interventions militaires dans la région, au détriment de la stabilité démocratique.
Alors que les États-Unis justifient leur action par la lutte contre le narcotrafic, les critiques rappellent que le Venezuela dispose de ressources naturelles stratégiques, notamment le pétrole, qui pourraient motiver cette intervention. "C'est une opération de prédation économique sous couvert de sécurité", résume un spécialiste des relations internationales.
La gauche française appelle à une réponse européenne
Face à cette situation, plusieurs figures de la gauche française ont appelé l'Union européenne à adopter une position ferme. "L'Europe doit défendre le droit international et condamner sans ambiguïté cette violation de la souveraineté vénézuélienne", a déclaré un député insoumis.
Cette affaire pourrait également influencer les débats en France sur la politique étrangère, alors que le gouvernement se prépare à des élections cruciales en 2027. "La gauche doit porter une voix claire contre l'impérialisme et pour le respect du droit international", conclut un responsable socialiste.