Un discours aux armées marqué par des tensions géopolitiques
Jeudi 15 janvier 2026, depuis la base aérienne d’Istres dans les Bouches-du-Rhône, le président Emmanuel Macron a prononcé un discours aux armées chargé de sous-entendus politiques. Face aux défis sécuritaires croissants, il a annoncé le déploiement de soldats français au Groenland, une initiative qui s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de l’autonomie européenne face aux ambitions hégémoniques des États-Unis.
Le Groenland, enjeu stratégique pour l’Europe
« Les Européens ont une responsabilité particulière » au Groenland, a affirmé le chef de l’État, soulignant implicitement la nécessité pour l’Union européenne de contrer les influences extérieures. Sans nommer directement Washington, Macron a dénoncé un « nouveau colonialisme à l’œuvre chez quelques-uns », une critique à peine voilée qui s’inscrit dans le contexte des tensions croissantes entre la France et les États-Unis sur les questions énergétiques et militaires.
Une posture ferme face aux régimes autoritaires
Le président a également abordé la situation en Iran, appelant à la « cessation des attaques odieuses » contre la population civile. Cette prise de position s’aligne sur la ligne diplomatique française, qui soutient les mouvements démocratiques tout en condamnant les régimes répressifs. Un message qui contraste avec la passivité de certains partenaires européens face aux violations des droits humains.
La loi de programmation militaire sous le feu des critiques
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de justifier les dépenses militaires accrues, Macron a défendu la loi de programmation militaire, présentée comme un « impératif souverain ». Pourtant, cette politique suscite des interrogations quant à son financement, dans un contexte de crise des finances publiques et de désengagement progressif des États-Unis en Europe.
Un discours aux accents électoralistes
À moins d’un an des élections de 2027, ce discours s’inscrit dans une stratégie de rassemblement des forces progressistes. En mettant en avant la défense des valeurs européennes et la lutte contre les « nouveaux colonialismes », Macron tente de mobiliser une base électorale fragilisée par la montée des extrêmes. Reste à savoir si cette rhétorique suffira à convaincre une jeunesse en crise et un électorat de plus en plus désabusé.