Un clash diplomatique après la mort de Quentin Deranque
La mort tragique de Quentin Deranque, jeune militant nationaliste de 23 ans, a déclenché une vive polémique entre la France et l'Italie. Emmanuel Macron, en visite officielle en Inde, a fermement tancé la Première ministre italienne Giorgia Meloni pour ses commentaires sur l'affaire.
"Que chacun reste chez soi", a lancé le président français, visiblement agacé par les déclarations de Meloni. Cette dernière avait qualifié la mort de Deranque d'"une blessure pour toute l'Europe", suscitant l'ire de Macron.
Le chef de l'État a critiqué ceux qui, tout en se revendiquant nationalistes, n'hésitent pas à commenter les affaires intérieures des autres pays. "Je suis toujours frappé de voir que des gens qui sont nationalistes, qui ne veulent pas qu'on les embête chez eux sont toujours les premiers à commenter ce qui se passe chez les autres", a-t-il déclaré.
Meloni riposte : "Une affaire qui concerne tout le monde"
Giorgia Meloni a immédiatement répliqué, rejetant toute accusation d'ingérence. Dans une interview à SkyTG24, elle a affirmé que son soutien au peuple français ne relevait pas d'une interférence.
"Intervenir pour exprimer ma solidarité avec le peuple français sur une affaire qui concerne manifestement tout le monde ne relève pas d'une interférence", a-t-elle souligné.
La Première ministre italienne a également exprimé ses inquiétudes face à un climat politique qu'elle juge dangereux, évoquant des similitudes avec les années sombres de la République italienne. Son ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a fait un parallèle avec les violences politiques des Années de plomb.
Un contexte politique explosif
L'affaire Deranque intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays, alors que la France et l'Italie sont divisées sur plusieurs dossiers européens. La montée des extrêmes en Europe, notamment avec l'influence grandissante de l'extrême droite en Italie, alimente les tensions.
Pour l'heure, six personnes sont impliquées dans l'enquête, dont un assistant parlementaire de LFI mis en examen pour complicité de meurtre. Trois suspects ont reconnu des liens avec l'ultragauche, selon le procureur de Lyon Thierry Dran.
Cette affaire pourrait bien alimenter les débats sur la montée des violences politiques en France, alors que le gouvernement Lecornu II tente de maintenir un équilibre face à une opposition de plus en plus virulente.