Maires en colère : « On nous vide de notre substance »

Par Mathieu Robin 17/11/2025 à 07:15
Maires en colère : « On nous vide de notre substance »

Les maires français, pourtant élus de proximité, dénoncent leur impuissance face à l'État centralisateur et aux intercommunalités.

Un congrès sous tension

Alors que le congrès des maires de France s'ouvre ce lundi 17 novembre à Paris, l'ambiance est loin d'être festive. Pourtant, l'événement, qui rassemble 12 000 congressistes, 400 journalistes et une dizaine de ministres, dont le Premier ministre Sébastien Lecornu, aurait pu ressembler à une grand-messe politique. Mais derrière les discours officiels, c'est un cri d'alarme qui monte des élus locaux.

La décentralisation, un leurre ?

Depuis 2017, Emmanuel Macron promet une décentralisation renforcée. Pourtant, les maires dénoncent une réalité bien différente. « L'État supprime les impôts locaux, multiplie les injonctions contradictoires et nous noie sous les normes », déplore un élu de Haute-Saône. « On est en train de tout transférer aux intercommunalités. Il me reste l'eau, les forêts et les emmerdes. »

L'intercommunalité, un « suicide » des communes

La réforme territoriale, lancée sous François Hollande et poursuivie par Macron, est au cœur des critiques. « Si on n'est là que pour le cimetière et la divagation des chiens, ça sert à quoi d'être maire ? », s'interroge un autre élu. Pour beaucoup, c'est la fin des communes telles qu'on les connaît : « On va devenir des villes fantômes le jour et dortoirs la nuit. »

Un pouvoir local étouffé

Le poids des normes, toujours plus lourd, empêche les maires d'agir. « On nous empêche d'avancer », résume un édile. Pendant ce temps, l'État centralise toujours plus les décisions, laissant aux élus locaux un rôle de simple exécutant. Une situation qui alimente un sentiment d'impuissance et nourrit la crise des vocations politiques.

Un congrès sous haute surveillance

Alors que les élections municipales approchent (15 et 22 mars 2026), le gouvernement tente de rassurer. Sébastien Lecornu, attendu au congrès, devrait annoncer des mesures pour « redonner du pouvoir aux territoires ». Mais les maires, eux, ne croient plus aux promesses. « On nous parle de décentralisation, mais on nous vide de notre substance », répète un élu.

Un désamour grandissant

Dans un contexte de crise des finances publiques et de défiance envers les institutions, les maires paient le prix fort. Leur rôle, pourtant central dans la démocratie locale, est de plus en plus contesté. « Les Français nous aiment, mais l'État nous méprise », résume un maire. Un paradoxe qui pourrait bien se payer lors des prochaines élections.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (10)

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tregastel

il y a 1 mois

Maires en colère ? Ils devraient essayer de vivre avec 1 500€ par mois... Là, ils comprendraient la vraie impuissance.

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C

corte

il y a 1 mois

Les élites parisiennes veulent tout contrôler. Les maires sont des boucs émissaires, comme nous tous !

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arthur53

il y a 1 mois

C'est la faute du libéralisme qui vide les territoires ! Les maires sont les premiers à subir les inégalités créées par Macron.

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N

NightReader93

il y a 1 mois

@arthur53 Tout à fait ! Et pendant ce temps, les riches s'en foutent royalement. La solidarité nationale, c'est du vent.

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É

Éditorialiste anonyme

il y a 1 mois

Les maires kiffent pas le centralisme mais ils kiffent bien les subventions... C'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité.

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Thomas65

il y a 1 mois

Ah oui, parce que les élus locaux sont plus honnêtes que les autres ? 😂 Le système est pourri de toute façon, peu importe le niveau.

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R

Raphaël63

il y a 1 mois

Les maires doivent arrêter de geindre. Ils ont trop de subventions et pas assez de résultats. Le mérite individuel prime sur les jérémiades !

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veronique-de-saint-etienne

il y a 1 mois

@raphael63 Dans le Sud-Ouest, on voit bien que l'État nous laisse tomber. Les maires sont en première ligne, point final.

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Louise54

il y a 1 mois

Selon l'AMF, 80% des maires estiment que leurs compétences sont réduites par l'État. La Cour des comptes confirme cette tendance depuis 2010. La décentralisation reste un échec partiel.

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O

OffTheGrid

il y a 1 mois

@louise54 Les chiffres ne mentent pas, mais qui les lit à part les technocrates ? Le peuple se fait entuber !

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