Un discours présidentiel sous le feu des critiques
Mercredi 31 décembre 2025, Emmanuel Macron a prononcé ses vœux traditionnels aux Français, une allocution d'à peine dix minutes, la plus courte depuis son élection en 2017. Dans un contexte de crise politique persistante et d'instabilité gouvernementale, le chef de l'État a tenté de rassurer en évoquant une année 2026 "utile", mais ses propos ont immédiatement suscité des réactions virulentes de l'ensemble de l'échiquier politique.
Une allocution perçue comme déconnectée
"Cette année doit être et sera une année utile", a déclaré le président, avant d'ajouter que "chaque Français a un rôle à jouer pour relever les défis qui sont devant nous". Des mots qui n'ont pas convaincu l'opposition, qui y voit une nouvelle démonstration de la décroissance du pouvoir macroniste.
La gauche radicale dénonce un discours "vide"
Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, a été l'un des premiers à réagir sur les réseaux sociaux :
"Qui se sent concerné par cette litanie d'annonces déjà cent fois trahies et de mots vides ? Lui-même semblait prêt à s'endormir en parlant. Quelque chose est cassé en lui et avec le pays."Une critique partagée par Aurélie Trouvé, députée LFI, qui a évoqué sur franceinfo un "décalage entre ces vœux et la réalité du pays".
Les écologistes pointent un président "démobilisé"
Marine Tondelier, secrétaire nationale d'EELV, a quant à elle souligné le manque de conviction du président :
"On peine à trouver les mots suite à cette allocution où le président semble lui-même avoir lâché l’affaire."Une analyse partagée par de nombreux observateurs, alors que le gouvernement Lecornu II peine à imposer une majorité stable à l'Assemblée nationale.
La droite et l'extrême droite réclament son départ
À droite, les réactions ont été tout aussi cinglantes. Eric Ciotti, président de l'Union des Droites Républicaines, a estimé que "le seul vœu que l’on puisse adresser à la France, c’est son départ pour engager le redressement national". Une position radicale partagée par Edwige Diaz, députée du Rassemblement National, qui a qualifié les vœux de "décevants", soulignant notamment la hausse du chômage et de la dette en 2025.
Un contexte politique explosif
Alors que la France traverse une crise de gouvernance et que les sondages plaident pour un renouvellement politique, Emmanuel Macron a tenté de se projeter dans l'avenir :
"Je serai jusqu'à la dernière seconde au travail."Une promesse qui peine à convaincre, alors que les Français aspirent à un changement profond, comme l'a rappelé Bruno Retailleau, président des Républicains : "Ce sera tout le défi des mois à venir."
Une opposition unie dans la critique
Rarement une allocution présidentielle aura suscité une telle unanimité dans la critique. De la gauche radicale à l'extrême droite, en passant par les écologistes et la droite traditionnelle, tous s'accordent sur un constat : le discours de Macron n'a pas convaincu. Une situation qui pourrait accélérer les dynamiques en vue de l'élection présidentielle de 2027, alors que les partis préparent déjà leurs stratégies.