Un procès qui pourrait bouleverser la droite française
Le 7 juillet prochain, la cour d’appel de Paris rendra son verdict dans l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national (RN). Un jugement attendu avec anxiété par Marine Le Pen et son parti, alors que l’élection présidentielle de 2027 approche à grands pas.
Une décision aux enjeux politiques majeurs
« Plus tôt, mieux je me porte », a confié Marine Le Pen à quelques journalistes à l’issue de l’audience du 11 février. Une déclaration qui en dit long sur la pression qui pèse sur la présidente du RN, dont la candidature en 2027 pourrait être compromise.
L’un de ses avocats, Rodolphe Bosselut, a rappelé à la cour l’importance de cette période électorale : « Vous êtes à l’orée d’une élection primordiale pour le pays. » Une mise en garde qui souligne l’impact potentiel de ce procès sur la stabilité politique française.
Le risque d’inéligibilité plane sur Marine Le Pen
Le parquet a requis quatre ans de prison, dont un an ferme, et cinq ans d’inéligibilité. Un verdict qui, s’il est confirmé, empêcherait Marine Le Pen de se présenter en 2027. La présidente du RN a d’ores et déjà annoncé qu’elle prendrait sa décision immédiatement après le jugement, sans attendre un éventuel recours devant la Cour de cassation.
En cas d’empêchement, Jordan Bardella, actuel président du RN, serait le candidat naturel du parti. Une perspective qui relance les spéculations sur la stratégie des droites pour 2027.
Un système frauduleux au cœur du procès
Marine Le Pen et dix autres cadres du RN sont accusés d’avoir détourné 1,4 million d’euros de fonds européens entre 2004 et 2016. Les assistants parlementaires, payés par l’Union européenne, auraient en réalité travaillé exclusivement pour le parti.
Les avocats généraux ont souligné le rôle central de Marine Le Pen dans ce système : « Elle a signé les contrats. Elle ne peut pas nous dire qu’elle ignorait. Elle était avocate et juriste de formation », a déclaré Thierry Ramonatxo.
Stéphane Madoz-Blanchet a quant à lui insisté sur la responsabilité de la présidente du RN : « Marine Le Pen a été l’instigatrice, à la suite de son père, d’un système qui a permis pour le compte du parti de détourner ces fonds. »
Un verdict qui pourrait influencer l’élection de 2027
Si Marine Le Pen est condamnée à plus de deux ans d’inéligibilité, elle ne pourra pas se présenter en 2027. Une situation qui pourrait redessiner le paysage politique français, alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser le pays face à des crises multiples.
La gauche, déjà en pleine préparation de sa campagne, observe avec intérêt ce procès, qui pourrait affaiblir durablement le RN. Une victoire judiciaire contre Marine Le Pen serait perçue comme un coup dur pour l’extrême droite, alors que l’Union européenne et les partenaires internationaux de la France surveillent de près l’évolution de la situation.
Un procès qui dépasse les frontières
Au-delà des enjeux nationaux, ce procès rappelle les défis posés par les partis politiques européens face à la transparence financière. L’Union européenne, souvent critiquée par le RN, pourrait voir dans ce verdict une occasion de renforcer ses mécanismes de contrôle.
Alors que la France s’apprête à jouer un rôle clé dans les débats européens, ce procès illustre les tensions entre souverainisme et coopération internationale, un enjeu majeur pour les années à venir.