Marseille frappe fort contre les locations touristiques illégales : des amendes records pour des propriétaires indélicats

Par SilverLining 02/02/2026 à 21:10
Marseille frappe fort contre les locations touristiques illégales : des amendes records pour des propriétaires indélicats

Marseille sanctionne deux multipropriétaires pour locations touristiques illégales : amendes records et retour des logements à l'habitation. Une victoire pour la démocratie locale.

Une victoire symbolique pour la démocratie locale

La ville de Marseille a marqué un tournant dans sa lutte contre les abus du tourisme de masse en obtenant, lundi 2 février 2026, les premières condamnations civiles contre deux multipropriétaires exploitant illégalement des meublés touristiques. Cette décision intervient dans un contexte où la crise de la démocratie locale se fait sentir, avec des élus locaux contraints de défendre l’intérêt général face à des intérêts privés souvent soutenus par des lobbies puissants.

Des amendes dissuasives pour rappeler l’autorité de la loi

Les sociétés de deux multipropriétaires – un chirurgien orthopédique de Périgueux et un promoteur parisien – ont été condamnées à verser respectivement 171 000 euros et 40 000 euros d’amendes. Le juge a souligné leur mépris des règles du code de la construction et de l’habitation ainsi que du code du tourisme, qui imposent une autorisation préalable pour tout changement d’usage des locaux.

Les conciergeries impliquées dans ces locations illégales ont également été sanctionnées, avec des amendes allant jusqu’à 36 500 euros. La municipalité, dirigée par le maire divers gauche Benoît Payan, s’est félicitée de ces décisions, y voyant un signal fort contre ceux qui cherchent à contourner la loi par cupidité.

Un échec partiel, mais une victoire politique

La ville a en revanche été déboutée face à un troisième propriétaire, un plombier marseillais, faute de preuves suffisantes. Elle n’a pas obtenu les 2,4 millions d’euros réclamés, mais a remporté une bataille symbolique : le retour des biens à un usage d’habitation sous peine d’une astreinte de 10 euros par jour et par mètre carré en cas de retard.

« En prononçant des amendes sévères mais surtout en ordonnant le retour de ces appartements à un usage permettant d’accueillir des familles marseillaises, le juge a parfaitement compris la démarche du maire. »

Ces mots de l’avocat de la commune, Jorge Mendes Constante, résument l’enjeu politique de cette affaire. Dans une ville où plus de 13 000 appartements sont identifiés comme meublés touristiques, dont la moitié illégaux, la pression sur le logement est devenue insoutenable.

Un enjeu national dans un contexte de crise du logement

Marseille, avec un million de nuitées par an, est l’une des villes les plus touchées par la touristification de son centre-ville. Le quartier historique du Panier, où plus d’un logement sur dix est proposé sur les plateformes de location saisonnière, illustre cette crise de la démocratie locale, où les intérêts économiques priment souvent sur le bien commun.

Cette affaire s’inscrit dans un débat plus large sur la régulation du tourisme, alors que le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, tente de concilier attractivité économique et préservation du tissu social. Les critiques de la gauche, notamment de Jean-Luc Mélenchon, soulignent que ces abus sont le résultat d’une politique libérale qui favorise les investisseurs au détriment des habitants.

Alors que la guerre des droites en France se focalise sur des sujets comme l’immigration ou la sécurité, cette affaire rappelle que les enjeux locaux, comme le logement, restent au cœur des préoccupations des citoyens. Marseille, en sanctionnant ces pratiques, envoie un message clair : la loi doit s’appliquer à tous, y compris aux plus puissants.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

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Commentaires (5)

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V

Véronique de Poitou

il y a 2 semaines

Nooooon mais c'est quoi ce délire ???!!!! Genre les proprios ils se font plein de thunes avec Airbnb et nous on crève dans des studios de 10m2... Pfff !!!

3
C

Corte

il y a 2 semaines

@veronique-de-poitou Et les élus, ils font quoi ? Ils attendent que les gens se révoltent pour agir ?

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G

ghi

il y a 2 semaines

Intéressant de voir Marseille jouer la carte du 'retour à l'habitation'. C'est une stratégie de communication classique : on tape sur les symboles (les riches touristes) pour masquer l'échec des politiques locales sur le logement social. Bref, du pain et des jeux version 2024.

2
A

Avocat du diable 2023

il y a 2 semaines

Des amendes records ? Très bien. Mais combien de propriétaires ont été condamnés depuis 2017 ? Zéro ?

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W

WebSurfer

il y a 2 semaines

@avocat-du-diable-2023 Franchement, on s'en fout un peu des chiffres... L'important c'est que ça calme le jeu. Enfin, pour 2-3 mois.

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