Un contexte explosif après l'agression mortelle de Lyon
Dans un climat politique tendu, la mort de Quentin Deranque, jeune militant d'extrême droite, a relancé les tensions entre les forces politiques françaises. Mathilde Panot, cheffe des députés de La France insoumise (LFI), a appelé à l'exclusion du groupe identitaire Némésis des événements liés à son parti.
« Nous ne demandons même pas la dissolution de Némésis. Nous demandons à ce que Némésis soit tenu en dehors de nos meetings, en dehors de nos conférences, en dehors de nos manifestations. Sinon ça va mal finir », a averti Mathilde Panot sur La Chaîne parlementaire (LCP), lundi 16 février.
Des alertes répétées contre la violence d'extrême droite
La dirigeante insoumise a rappelé les multiples alertes lancées par son parti sur les attaques subies lors de ses rassemblements. Elle a cité l'affaire Federico Martin Aramburu, ancien international de rugby argentin, pour laquelle deux militants d'ultradroite seront prochainement jugés.
« Il y a alerte dans ce pays, ça va mal finir si on laisse la violence dégénérer », a-t-elle martelé, soulignant la nécessité d'une réponse ferme face à la montée des violences politiques.
Némésis et la mort de Quentin Deranque
Selon le collectif Némésis, proche de l'extrême droite et se revendiquant féministe, Quentin Deranque assurait la sécurité de militantes venues manifester contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Le gouvernement a évoqué la possible implication du groupe antifasciste dissous la Jeune Garde dans cette agression.
Mathilde Panot a réagi avec fermeté : « S'il y a des gens ex-Jeune Garde qui se trouvent dedans, j'appelle à ce qu'ils soient punis », tout en rejetant toute responsabilité de LFI. « Cela n'a rien à voir avec nous », a-t-elle insisté, dénonçant une instrumentalisation politique du drame.
Réactions vives de l'extrême droite et de la droite
Les propos de Mathilde Panot ont suscité des réactions indignées. Alice Cordier, fondatrice de Némésis, l'a interpellée sur X : « Que sous-entendez-vous par 'ça va mal finir' ? Vous nous menacez de mort ? »
Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, a dénoncé une atteinte à la démocratie : « Ce n'est pas ça la démocratie Mathilde Panot. Chacun a le droit de s'exprimer sans risquer sa vie parce que vos amis de la Jeune Garde ont décidé de tuer. »
Un climat politique délétère sous le gouvernement Lecornu
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les forces politiques, alors que le gouvernement Lecornu II tente de maintenir un équilibre fragile. Les critiques contre LFI s'intensifient, notamment sur ses liens présumés avec des groupes antifascistes dissous.
Mathilde Panot a dénoncé une stratégie de marginalisation : « La manière dont ce drame est instrumentalisé est lamentable politiquement et vise à marginaliser La France insoumise. »
La question de la sécurité en France
Cette affaire relance le débat sur la sécurité en France, un sujet récurrent sous la présidence d'Emmanuel Macron. Les violences politiques, qu'elles émanent de l'extrême droite ou de groupes antifascistes, alimentent les craintes d'une radicalisation croissante.
Alors que les élections approchent, les partis politiques devront naviguer entre fermeté et dialogue pour éviter une escalade des violences.