Une demande controversée dans un climat de tensions politiques
La cheffe des députés insoumis, Mathilde Panot, a pris position lundi 16 février pour exclure le collectif identitaire Némésis des événements organisés par La France insoumise, au lendemain de l'agression mortelle de Quentin Deranque, militant de 23 ans, lors d'une conférence à Sciences Po Lyon.
Un appel à la responsabilité face à la montée des violences
Dans une interview accordée à LCP, Mathilde Panot a souligné la nécessité de prévenir de nouveaux drames :
"Nous ne demandons même pas la dissolution de Némésis. Nous demandons à ce que Némésis soit tenu en dehors de nos meetings, en dehors de nos conférences, en dehors de nos manifestations. Sinon ça va mal finir."
Elle a rappelé les alertes répétées de son parti sur les attaques d'extrême droite contre leurs rassemblements, évoquant notamment le cas de Federico Martin Aramburu, ancien international de rugby argentin tué par des militants d'ultradroite.
Des réactions virulentes de la droite et de l'extrême droite
Cette prise de position a suscité l'indignation d'Alice Cordier, fondatrice de Némésis, qui a accusé Mathilde Panot de menaces voilées sur le réseau X :
"Que sous-entendez-vous par 'ça va mal finir' ? Vous nous menacez de mort ?"
Le vice-président du Rassemblement national, Sébastien Chenu, a également critiqué cette demande, dénonçant une atteinte à la liberté d'expression :
"Ce n'est pas ça la démocratie Mathilde Panot. Chacun a le droit de s'exprimer sans risquer sa vie."
Un contexte politique explosif
Cette polémique intervient dans un climat de tensions accrues, marqué par la montée des violences politiques et les divisions au sein de la majorité présidentielle. Le gouvernement Lecornu II, confronté à une crise de la sécurité en France, peine à apaiser les tensions entre les différents camps.
Alors que l'extrême droite cherche à capitaliser sur ces événements, la gauche radicale tente de se positionner comme garante de l'ordre républicain, tout en dénonçant les dérives autoritaires de ses adversaires.
Les enjeux pour 2027
Cette affaire s'inscrit dans une stratégie des partis pour 2027, année cruciale pour le pays. Les Insoumis cherchent à se démarquer des autres forces de gauche, tandis que le RN tente de fédérer les mécontentements autour de thèmes sécuritaires.
Dans ce contexte, la question de la régulation des groupes violents et de la protection des libertés fondamentales risque de devenir un enjeu majeur des prochains mois.