Un parachutage qui divise
À quelques jours du premier tour des municipales, Menton, ville frontalière des Alpes-Maritimes, se retrouve au cœur d’un duel politique inattendu. Louis Sarkozy, 28 ans, fils de l’ancien président Nicolas Sarkozy, tente de conquérir la mairie avec le soutien d’une partie de la droite. Une candidature qui suscite des réactions contrastées parmi les habitants.
"J’assume parfaitement ne pas être né ici, mais au contraire peut-être d’autres candidats, j’y vis vraiment", déclare-t-il. Pourtant, son installation récente dans la commune – moins d’un an – et son absence d’ancrage politique local alimentent les critiques. "Est-ce qu’il connaît Menton comme ceux qui habitent ?", s’interroge une habitante, tandis qu’une autre nuance : "Parachuter, ça ne veut rien dire. Le tout, c’est de s’ancrer."
Un héritage politique assumé
Louis Sarkozy ne renie pas son nom, bien au contraire. "Moi, je suis du clan", affirme-t-il, évoquant ses désaccords avec son père tout en revendiquant son appartenance à la droite. Une stratégie qui pourrait séduire une partie de l’électorat, mais qui laisse sceptiques les observateurs. "Théoriquement, c’est un avantage d’être fils de, mais ce n’est pas toujours le cas", glisse un électeur.
Face à une candidate RN bien implantée
Alexandra Masson, candidate du Rassemblement National, part favorite dans cette ville où le parti d’extrême droite a déjà remporté des succès. Élue députée dès le premier tour dans la circonscription, elle joue la carte de l’ancrage local. "Je ne serai pas la candidate du folklore", assure-t-elle, refusant de nommer son adversaire. Un positionnement qui contraste avec l’image de "parachuté" collée à Louis Sarkozy.
Une droite divisée
La candidature de Louis Sarkozy a également provoqué des tensions au sein des Républicains. Une ancienne première adjointe à la mairie, soutenue par une partie du parti, a décidé de se présenter en dissidence. "Je ne cède pas aux pressions ni aux intimidations", affirme-t-elle, illustrant les divisions d’une droite en quête de renouvellement.
Un scrutin sous tension
Dans ce contexte, les municipales de Menton pourraient devenir un symbole des fractures de la droite française. Entre la stratégie de reconquête de Louis Sarkozy, l’ancrage local d’Alexandra Masson et les divisions internes des Républicains, le scrutin du 15 mars s’annonce comme un test pour les partis traditionnels face à la montée du RN.