Un vote crucial sous haute tension
Ce vendredi 9 janvier 2026, les représentants permanents des pays de l'Union européenne doivent se prononcer sur la mise en route de la signature de l'accord de libre-échange avec le Mercosur. Une décision qui pourrait marquer un tournant dans les relations commerciales entre l'Europe et l'Amérique du Sud, mais aussi dans la politique agricole française.
La France, farouche opposante
Nicolas Forissier, ministre chargé du Commerce extérieur, a réaffirmé ce jeudi 8 janvier la position ferme de la France. « Il est hors de question de donner un feu vert à ce texte », a-t-il déclaré dans La Matinale, tout en soulignant que le processus n'était pas encore achevé.
« Ce n'est pas la fin de l'histoire vendredi. Le Parlement européen a un certain nombre de possibilités, y compris de suspendre la mise en œuvre de cet accord. »
Les agriculteurs en première ligne
Les manifestations des agriculteurs autour de Paris ce jeudi illustrent l'enjeu crucial de cet accord pour les filières agricoles françaises. La colère gronde face à la menace d'une concurrence accrue des produits sud-américains, notamment dans les secteurs de l'élevage bovin et de la volaille.
Les exigences françaises
La France a obtenu des avancées majeures, comme une clause de sauvegarde permettant de freiner les importations en cas de déstabilisation des filières, ainsi que des mesures miroirs pour aligner les normes sanitaires et environnementales. Mais selon Forissier, « le compte n'y est pas ».
Un enjeu européen
Au-delà des frontières françaises, cet accord divise l'Union européenne. Si certains pays, comme l'Allemagne, y voient une opportunité économique, d'autres, comme l'Italie, soutiennent la position française. La question de la souveraineté alimentaire reste au cœur des débats.
La position d'Emmanuel Macron
Bien que le ministre n'ait pas explicitement évoqué la position du président, il est clair que la France ne votera pas en faveur de l'accord dans son état actuel. « Nous attendons que la Commission européenne aille jusqu'au bout de nos exigences », a-t-il martelé.
Un processus encore long
Même en cas d'accord vendredi, le texte devra encore être ratifié par le Parlement européen, qui pourrait l'amender ou le rejeter. La bataille est loin d'être terminée pour les défenseurs de l'agriculture française.