Un avertissement solennel de Bruno Retailleau
Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a mis en garde mercredi 7 janvier Emmanuel Macron contre un vote en faveur de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Selon lui, une telle décision pourrait entraîner une censure du gouvernement de Sébastien Lecornu.
Une menace politique lourde de conséquences
« Ce que je dis solennellement, c'est que si le président de la République vote pour le Mercosur, après toutes ses déclarations, il prend le risque d'une censure »,a affirmé l'ancien ministre de l'intérieur lors d'une conférence de presse. Retailleau, dont les relations avec les députés LR sont tendues, a toutefois refusé d'appeler immédiatement à une motion de censure, préférant attendre la position finale du chef de l'État.
Un accord controversé malgré les concessions européennes
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a tenté de désamorcer les tensions en proposant une rallonge budgétaire de 45 milliards d'euros dès 2028 dans le cadre de la future PAC. Une annonce saluée par Emmanuel Macron, qui y voit le fruit de la « mobilisation déterminée » de la France.
La gauche et l'extrême droite unis contre le Mercosur
Les critiques fusent de tous bords. François Ruffin, député de gauche, a raillé sur les réseaux sociaux :
« Macron agite le hochet des aides de la PAC pour faire avaler la pilule du Mercosur. Désolé M. Macron, mais ça ne passera pas. »
De son côté, le Rassemblement national accuse le président de préparer une « trahison » des agriculteurs français, dénonçant des « garanties illusoires ».
Un enjeu agricole et politique majeur
Le gouvernement français a réitéré mercredi matin son opposition à l'accord dans sa forme actuelle, estimant que « le compte n'y est pas ». Une position qui s'inscrit dans un contexte de crise agricole persistante, marquée par des tensions sur les normes sanitaires et les subventions.
Un test pour la majorité présidentielle
Alors que la France s'apprête à accueillir une réunion des ministres de l'agriculture des Vingt-Sept, l'accord du Mercosur pourrait devenir un nouveau terrain de confrontation entre l'exécutif et l'opposition. Pour Emmanuel Macron, l'enjeu est double : défendre les intérêts agricoles tout en maintenant la crédibilité de la France au sein de l'UE.