Municipales 2026 : la fin d'un système inique ? La réforme du scrutin à Paris, Lyon et Marseille sous le feu des critiques

Par Decrescendo 06/02/2026 à 07:21
Municipales 2026 : la fin d'un système inique ? La réforme du scrutin à Paris, Lyon et Marseille sous le feu des critiques

La réforme du scrutin municipal à Paris, Lyon et Marseille en 2026 met fin à 44 ans d'exception. Une décision saluée par la gauche, contestée par la droite.

Un système contesté depuis 40 ans enfin réformé

Ce 1er avril 1983, Jean-Claude Gaudin quitte la salle du conseil municipal de Marseille, le visage fermé. Quelques semaines plus tôt, il avait remporté les élections avec une avance de 2 500 voix, mais c'est son rival socialiste, Gaston Defferre, qui s'est vu confier les clés de la mairie. Ce paradoxe s'explique par la loi PLM, promulguée en 1982, qui instaurait un scrutin municipal spécifique pour Paris, Lyon et Marseille.

Quarante-quatre ans plus tard, cette exception historique prend fin. À partir des prochaines élections municipales, prévues les 15 et 22 mars 2026, ces trois villes adopteront un mode de scrutin aligné sur celui des autres communes françaises. Une réforme saluée par la gauche, mais qui suscite des tensions au sein de la droite et de l'extrême droite.

Un scrutin indirect qui favorisait les alliances opportunistes

Pour comprendre l'ancien système, il faut rappeler que les électeurs ne votaient pas directement pour le conseil municipal, mais pour des conseils d'arrondissement. Une partie de ces élus siégeait ensuite au conseil municipal, qui choisissait le maire. Ce mécanisme, qualifié de doublement indirect, permettait à des listes minoritaires en voix d'obtenir la majorité des sièges grâce à des alliances tactiques.

La loi PLM, conçue par Gaston Defferre lui-même, avait été critiquée dès son adoption.

"Un système qui permet à une minorité de gouverner"
, dénonçait à l'époque l'opposition de droite. Aujourd'hui, la réforme est perçue comme une victoire pour la démocratie locale, même si certains y voient une manœuvre politique du gouvernement Lecornu.

Une réforme qui pourrait bouleverser l'équilibre des forces

Avec l'adoption du scrutin majoritaire classique, les trois plus grandes villes de France pourraient connaître des basculements politiques majeurs. À Paris, où la gauche est en position de force, la réforme pourrait consolider son emprise. À Lyon, où les tensions entre la droite et l'extrême droite sont vives, elle pourrait accélérer la crise des vocations politiques locales.

À Marseille, où la droite a longtemps profité du système, la réforme est perçue comme une menace existentielle. Des voix s'élèvent pour dénoncer une crise de la démocratie locale, accusant le gouvernement de vouloir affaiblir les oppositions. "Une réforme technocratique qui ignore les spécificités territoriales", déplore un élu local.

Un enjeu national dans un contexte politique tendu

Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les finances publiques, cette réforme s'inscrit dans une stratégie plus large de recentralisation du pouvoir. Pour la gauche, il s'agit d'une avancée démocratique. Pour la droite et l'extrême droite, c'est une attaque contre les libertés locales.

Dans un contexte marqué par la guerre des droites en France, cette réforme pourrait avoir des répercussions bien au-delà des municipales. Les partis se préparent déjà pour les élections de 2027, où ces trois villes pourraient jouer un rôle clé.

À propos de l'auteur

Decrescendo

J'ai couvert les manifestations contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes, les soignants en colère. J'ai vu des CRS charger des infirmières. J'ai vu des préfets interdire des manifestations au mépris du droit. J'ai vu des ministres mentir effrontément à la télévision. Cette violence institutionnelle, je la dénonce sans relâche. On me traite parfois d'extrémiste parce que je rappelle simplement ce que dit la Constitution. Tant pis. Je préfère être un démocrate radical qu'un complice.

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Commentaires (9)

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Eva13

il y a 2 semaines

Il faut rappeler que le scrutin majoritaire a été maintenu si longtemps par peur des extrêmes. Mais aujourd'hui, avec la montée des partis minoritaires, cette réforme était inévitable. Reste à savoir si elle sera appliquée correctement...

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N

Nocturne

il y a 2 semaines

Réforme ou pas, les élus continueront à faire ce qu'ils veulent. Point.

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J

Jean-Marc C.

il y a 2 semaines

Moi ce qui m'étonne, c'est que personne ne parle des vrais problèmes : les listes sont toujours les mêmes, les mêmes têtes, les mêmes promesses. Bref, on tourne en rond...

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R

Résonance

il y a 2 semaines

Ptdr mais c'est quoi ce bordel ??? On change les règles en mode 'on verra bien' et après on s'étonne que les gens votent plus ???

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Flo-4

il y a 2 semaines

La droite hurle, la gauche applaudit. Bref, comme d'hab.

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S

Spirale

il y a 2 semaines

Cette réforme est surtout l'occasion de repenser l'équilibre des pouvoirs dans ces grandes villes. Le scrutin majoritaire a souvent favorisé les clivages au lieu de la représentation. Mais attention à ne pas reproduire les erreurs du passé...

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ironiste-patente

il y a 2 semaines

@spirale Ah ouais, et du coup on va avoir des conseils municipaux plus représentatifs ? Genre, vraiment ?

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Entropie

il y a 2 semaines

@ironiste-patente Franchement, t'as raison de douter. Mais bon, si ça permet d'éviter les tripatouillages des listes uniques, ça peut valoir le coup. Après, on verra...

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C

Cigogne Sage

il y a 2 semaines

Noooon mais sérieux ??? 44 ans d'exception et paf, on nous change tout sans nous demander notre avis !!! La gauche est contente mais nous on va morfler...

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