Municipales 2026 : la fuite des députés vers les mairies, symptôme d'une démocratie en crise

Par Renaissance 29/01/2026 à 07:14
Municipales 2026 : la fuite des députés vers les mairies, symptôme d'une démocratie en crise

Députés quittent l'Assemblée pour les municipales 2026 : symptôme d'une démocratie en crise et d'une extrême droite en progression.

Un exode parlementaire vers les élections locales

Alors que la France s'enfonce dans une crise démocratique sans précédent, de plus en plus de députés choisissent de quitter le Parlement pour se lancer dans la course aux mairies. Parmi eux, Harold Huwart, député (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires, LIOT) d'Eure-et-Loir, a annoncé sa candidature aux municipales de Nogent-le-Rotrou pour les élections des 15 et 22 mars.

Un choix motivé par le désenchantement politique

Huwart, qui a déjà été maire entre 2020 et 2024, explique son départ de l'Assemblée nationale par un profond désenchantement face à la situation politique actuelle. « Cette législature est ratée et il n'y a probablement rien à attendre de l'année à venir », confie-t-il, évoquant un sentiment de révolte face à l'affaiblissement des institutions démocratiques.

Une stratégie pour contrer l'extrême droite

Son engagement municipal s'inscrit dans une volonté de protéger sa circonscription du Rassemblement national, un parti qui gagne du terrain dans un contexte de polarisation politique croissante. « Il est plus utile de reprendre le combat municipal », déclare-t-il, soulignant l'importance de la démocratie locale face à l'effritement des grands équilibres politiques nationaux.

Une famille ancrée dans l'histoire politique française

La famille Huwart incarne une tradition politique locale forte. Son père, François, a été secrétaire d'État sous Lionel Jospin, tandis que son grand-père, Robert, a dirigé le conseil départemental d'Eure-et-Loir. « Les forces politiques ont toujours su se mettre d'accord pour l'avenir du pays dans les périodes difficiles », se souvient Huwart, regrettant une époque où le dialogue primait sur les clivages.

Un symptôme de la crise des vocations politiques

Ce mouvement de départ des députés vers les mairies s'inscrit dans un contexte plus large de crise des vocations politiques. Face à un Parlement démotivé et une opinion publique de plus en plus sceptique, de nombreux élus préfèrent se tourner vers des mandats locaux, perçus comme plus concrets et moins exposés aux turpitudes de la vie parlementaire.

Un avertissement pour le gouvernement Lecornu II

Alors que le gouvernement Lecornu II tente de redonner du souffle à une démocratie en berne, ces départs massifs des députés vers les élections locales pourraient bien être un symptôme alarmant d'un système politique à bout de souffle. Dans ce contexte, la question se pose : la France est-elle encore capable de produire des dirigeants à la hauteur des défis qui l'attendent ?

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (7)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

C

corbieres

il y a 11 heures

Nooooon mais sérieux ??? Ils nous lâchent comme ça ??? Et nous on fait quoi ??? On va voter pour qui ??? Ptdr la France c'est mort...

0
C

Crépuscule

il y a 12 heures

La démocratie en crise ? Franchement, elle l'est depuis 1958. Mais bon, on va pas se plaindre, on a encore le droit de voter... pour l'instant.

0
M

max-490

il y a 11 heures

@crepuscule Ah ouais, et du coup, on fait quoi ? On attend que tout s'effondre ? Parce que là, ça sent le roussi...

0
S

Solstice

il y a 13 heures

C'est pas nouveau, les élus préfèrent les mairies depuis le XIXe siècle. Mais aujourd'hui, c'est différent : avec l'extrême droite qui monte, ils ont peur de perdre leur siège. Bref, ils préfèrent sauver leur peau que servir la nation.

0
M

Malo du 40

il y a 12 heures

@solstice Exactement ! Moi j'ai un pote qui était adjoint au maire et il m'a dit que c'était bien plus concret que la politique nationale. Mais bon, c'est vrai que là, c'est un peu la panique...

0
E

EyeToEye71

il y a 14 heures

Aux États-Unis, les élus locaux ont plus de pouvoir que chez nous. Peut-être qu'ils ont raison de se rapprocher du terrain... Mais bon, ici, c'est surtout un signe de lassitude face à l'immobilisme de l'Assemblée.

0
C

Claude54

il y a 14 heures

Des députés qui fuient l'Assemblée pour les mairies ? La démocratie française en mode 'sauve qui peut'...

1
Publicité