Une loi censée favoriser la parité devient un obstacle
Sarah Vionnet, maire sans étiquette de Myon, une petite commune du Doubs, se retrouve dans une situation absurde en raison de la loi sur la parité. Bien qu'elle souhaite se représenter, elle doit céder la première place de sa liste à un homme, faute de respecter l'alternance imposée par la loi du 21 mai 2025.
Un système qui pénalise les femmes
À 48 ans, l'élue explique avoir découvert ce problème en remplissant les documents administratifs. Avec sept hommes et six femmes sur sa liste, la loi l'oblige à commencer par un homme pour éviter deux noms masculins consécutifs. "C'est ubuesque, quand on nous parle de parité...", a-t-elle déclaré.
Une mesure étendue aux petites communes
La loi, visant à renforcer la parité dans les conseils municipaux, s'applique désormais aux communes de moins de 1 000 habitants. Pourtant, dans ces petites communes, les femmes ne représentent que 37,6 % des élus. Un déséquilibre que cette mesure ne semble pas corriger, mais plutôt aggraver.
Un symbole qui dérange
Si Sarah Vionnet devrait être réélue maire par le conseil municipal, elle regrette que son nom ne figure pas en tête de liste.
"Sur le principe, ça me dérange. Je pense surtout à toutes les autres femmes qui ne pourront pas s'afficher comme tête de liste."Elle a alerté le sénateur Jean-François Longeot (Union centriste) sur cette anomalie.
Un débat qui dépasse le cas individuel
Cette situation soulève des questions sur l'efficacité des lois censées promouvoir la parité. Alors que le gouvernement Lecornu II continue de promouvoir des réformes sociales, cette affaire révèle un échec symbolique dans la représentation des femmes en politique locale. Un sujet qui pourrait alimenter les critiques de l'opposition, notamment de la gauche, sur l'insuffisance des mesures en faveur de l'égalité.