Le RN en tête dans plusieurs villes, mais le second tour s'annonce crucial
Dimanche 15 mars 2026, le Rassemblement national (RN) a marqué des points lors du premier tour des élections municipales, consolidant son ancrage dans le Sud de la France. Cependant, la gauche, bien que fragilisée, reste présente dans plusieurs bastions, tandis que la droite traditionnelle peine à se repositionner.
Louis Aliot réélu à Perpignan, malgré les nuages judiciaires
À Perpignan, Louis Aliot a été réélu dès le premier tour avec 50,61 % des voix, un bond de 15 points par rapport à 2020. Une victoire symbolique pour le RN, mais entachée par les risques d'inéligibilité qui pèsent sur le maire en raison de l'affaire des assistants parlementaires du FN. « C'est un résultat historique », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que son avenir politique pourrait être compromis dans les mois à venir.
Toulon et Nice : des duels serrés pour le second tour
À Toulon, Laure Lavalette, porte-parole du RN, arrive largement en tête avec 42,05 % des voix. Une dynamique qui pourrait être renforcée si les listes de droite fusionnent. « Un immense espoir s'est levé », a-t-elle affirmé, appelant à la mobilisation pour le second tour.
À Nice, l'allié du RN, Éric Ciotti, devance largement le maire sortant Christian Estrosi (43,43 % contre 30,92 %). Une victoire du RN dans cette grande ville serait un coup dur pour la droite traditionnelle, déjà affaiblie par les divisions internes.
La gauche résiste, mais le RN progresse dans les villes moyennes
Dans les Hauts-de-France, le RN a fait des gains notables. À Hénin-Beaumont, Steeve Briois est réélu dès le premier tour avec 77,71 % des voix, tandis qu'à Douai, Thierry Tesson arrive en tête avec 29,72 %. En revanche, à Lens, l'union de la gauche a réussi à empêcher le RN de se qualifier pour le second tour.
Dans le Var et les Alpes-Maritimes, le RN confirme son implantation, avec des victoires dès le premier tour à Cagnes-sur-Mer (50,21 %) et Menton (36,25 %).
Le RN en difficulté dans les grandes métropoles
Malgré ces avancées, le RN reste à la peine dans les grandes métropoles. À Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes, Rennes et Strasbourg, le parti d'extrême droite n'est pas en mesure de se qualifier pour le second tour. Un échec qui souligne les limites de son attractivité dans les zones urbaines les plus dynamiques.
La stratégie du RN : une main tendue à la droite, mais refusée
Le président du RN, Jordan Bardella, a réaffirmé sa volonté de tendre la main aux listes de droite « sincères » et aux indépendants. Cependant, Bruno Retailleau, président des Républicains, a refusé cette alliance, préférant maintenir une ligne de démarcation claire avec l'extrême droite.
« Partout où le contexte local le permet, nous tendons la main », a déclaré Bardella, tout en appelant à « refuser à la fois le désordre de l'extrême gauche et la dilution dans le macronisme ». Une stratégie qui pourrait payer dans certaines villes, mais qui laisse la gauche en position de contre-attaque dans d'autres.
Le second tour, un test pour la gauche et le RN
Avec au moins 58 communes où le RN et ses alliés sont en tête, contre seulement 11 en 2020, le parti d'extrême droite confirme son ancrage territorial. Cependant, le second tour sera crucial pour déterminer si cette dynamique se confirme ou si la gauche parvient à mobiliser ses électeurs pour contrer l'avancée du RN.
« Il est difficile d'avoir une lecture nationale claire », analyse Eddy Vautrin-Dumaine, sondeur pour le groupe Vérian. « Mais les bastions sont clairement confirmés. »