Municipales 2026 : le RN en passe de conquérir le Sud, mais la gauche résiste

Par Camaret 16/03/2026 à 02:26
Municipales 2026 : le RN en passe de conquérir le Sud, mais la gauche résiste

Le RN progresse dans le Sud, mais la gauche résiste. Réélection d'Aliot à Perpignan, duel serré à Nice et Toulon. Le second tour s'annonce crucial.

Le RN en tête dans plusieurs villes, mais le second tour s'annonce crucial

Dimanche 15 mars 2026, le Rassemblement national (RN) a marqué des points lors du premier tour des élections municipales, consolidant son ancrage dans le Sud de la France. Cependant, la gauche, bien que fragilisée, reste présente dans plusieurs bastions, tandis que la droite traditionnelle peine à se repositionner.

Louis Aliot réélu à Perpignan, malgré les nuages judiciaires

À Perpignan, Louis Aliot a été réélu dès le premier tour avec 50,61 % des voix, un bond de 15 points par rapport à 2020. Une victoire symbolique pour le RN, mais entachée par les risques d'inéligibilité qui pèsent sur le maire en raison de l'affaire des assistants parlementaires du FN. « C'est un résultat historique », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que son avenir politique pourrait être compromis dans les mois à venir.

Toulon et Nice : des duels serrés pour le second tour

À Toulon, Laure Lavalette, porte-parole du RN, arrive largement en tête avec 42,05 % des voix. Une dynamique qui pourrait être renforcée si les listes de droite fusionnent. « Un immense espoir s'est levé », a-t-elle affirmé, appelant à la mobilisation pour le second tour.

À Nice, l'allié du RN, Éric Ciotti, devance largement le maire sortant Christian Estrosi (43,43 % contre 30,92 %). Une victoire du RN dans cette grande ville serait un coup dur pour la droite traditionnelle, déjà affaiblie par les divisions internes.

La gauche résiste, mais le RN progresse dans les villes moyennes

Dans les Hauts-de-France, le RN a fait des gains notables. À Hénin-Beaumont, Steeve Briois est réélu dès le premier tour avec 77,71 % des voix, tandis qu'à Douai, Thierry Tesson arrive en tête avec 29,72 %. En revanche, à Lens, l'union de la gauche a réussi à empêcher le RN de se qualifier pour le second tour.

Dans le Var et les Alpes-Maritimes, le RN confirme son implantation, avec des victoires dès le premier tour à Cagnes-sur-Mer (50,21 %) et Menton (36,25 %).

Le RN en difficulté dans les grandes métropoles

Malgré ces avancées, le RN reste à la peine dans les grandes métropoles. À Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes, Rennes et Strasbourg, le parti d'extrême droite n'est pas en mesure de se qualifier pour le second tour. Un échec qui souligne les limites de son attractivité dans les zones urbaines les plus dynamiques.

La stratégie du RN : une main tendue à la droite, mais refusée

Le président du RN, Jordan Bardella, a réaffirmé sa volonté de tendre la main aux listes de droite « sincères » et aux indépendants. Cependant, Bruno Retailleau, président des Républicains, a refusé cette alliance, préférant maintenir une ligne de démarcation claire avec l'extrême droite.

« Partout où le contexte local le permet, nous tendons la main », a déclaré Bardella, tout en appelant à « refuser à la fois le désordre de l'extrême gauche et la dilution dans le macronisme ». Une stratégie qui pourrait payer dans certaines villes, mais qui laisse la gauche en position de contre-attaque dans d'autres.

Le second tour, un test pour la gauche et le RN

Avec au moins 58 communes où le RN et ses alliés sont en tête, contre seulement 11 en 2020, le parti d'extrême droite confirme son ancrage territorial. Cependant, le second tour sera crucial pour déterminer si cette dynamique se confirme ou si la gauche parvient à mobiliser ses électeurs pour contrer l'avancée du RN.

« Il est difficile d'avoir une lecture nationale claire », analyse Eddy Vautrin-Dumaine, sondeur pour le groupe Vérian. « Mais les bastions sont clairement confirmés. »

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (7)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

R

Résonance

il y a 1 mois

Nooooon mais sérieux ??? La gauche elle fait quoi ??? Elle dort ??? Le RN va tout niquer et eux ils font genre 'on résiste'... pfff

0
I

ironiste-patente

il y a 1 mois

La gauche résiste ? À Perpignan, Aliot se fait réélire sans problème. La résistance, c'est du vent.

0
C

Cynique bienveillant

il y a 1 mois

Le RN progresse parce qu'il répond à des attentes concrètes, même si ses solutions sont discutables. La gauche, elle, reste dans le flou. Du coup, les électeurs se tournent vers ceux qui parlent fort. C'est triste, mais c'est comme ça.

0
T

TruthSeeker

il y a 1 mois

@cynique-bienveillant Tu as raison sur le fond, mais la gauche a quand même des propositions. Le problème, c'est qu'elle ne sait pas les vendre. Et le RN, lui, il vend du rêve, même si c'est du vent. Comment on fait pour inverser la tendance ?

0
P

Poséidon

il y a 1 mois

Comme d'hab, le Sud bascule à droite quand la gauche s'endort. Perpignan, Nice, Toulon... la liste est longue.

0
C

Claude54

il y a 1 mois

@poseidon Exact, mais la gauche a encore des cartes à jouer. Sauf qu'elle joue mal.

0
F

Flo-4

il y a 1 mois

Le RN en passe de tout péter dans le Sud. La gauche fait de la résistance, mais pour combien de temps ?

1
Publicité