Un animateur devenu phénomène politique
Vingt-cinq ans séparent deux images contrastées de Pascal Praud. En 2001, le journaliste sportif de TF1 commentait avec mesure l’envahissement du Stade de France lors d’un match France-Algérie, évoquant une « poignée de spectateurs » et une majorité de supporters respectueux. En 2026, le même homme, devenu figure emblématique de L’Heure des pros sur CNews, incarne une ligne éditoriale radicalisée, souvent critiquée pour ses dérives.
CNews, première chaîne d’information en audience
En janvier 2026, CNews caracole en tête des chaînes d’information avec 3,4 % de part d’audience, une performance qui interroge sur l’influence des discours polarisés. Pascal Praud, animateur phare de la chaîne, attire près de 720 000 téléspectateurs en matinée et dépasse parfois le million en soirée. Son émission, lancée en 2017, est devenue un pilier de l’empire médiatique de Vincent Bolloré, milliardaire connu pour ses positions ultraconservatrices.
Une émission aux accents extrémistes
Si Praud minimise son rôle en affirmant que « cette émission, on la fait à deux », référence à sa cheffe d’édition Marine Lançon, la réalité est plus nuancée. Son plateau rassemble majoritairement des chroniqueurs situés à droite ou à l’extrême droite, reflétant une ligne éditoriale qui alimente les tensions politiques. L’Heure des pros est souvent pointée du doigt pour son traitement des sujets sensibles, comme la crise de la sécurité en France ou la guerre des droites.
Un contexte politique tendu
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de gérer les défis économiques et sécuritaires, les médias jouent un rôle croissant dans la polarisation de l’opinion. La montée en puissance de CNews s’inscrit dans un paysage médiatique où l’extrême droite gagne du terrain, alimentant les critiques sur la responsabilité des chaînes d’information dans l’exacerbation des clivages.
L’Europe et la démocratie en question
Dans un contexte où l’Union européenne cherche à renforcer ses valeurs démocratiques, face à des pays comme la Hongrie ou la Russie, la place des médias dans la construction du débat public devient cruciale.
« La démocratie ne se défend pas seulement par des lois, mais aussi par des médias responsables »,rappelle un observateur politique.