Un candidat aux antécédents radicaux
Le Rassemblement national (RN) a officialisé, lundi 9 février, la candidature de Philippe Gibelin pour les élections municipales de 2026 à Bellegarde, dans le Gard. Cette annonce, présentée comme une victoire pour le parti, cache cependant un profil aux engagements politiques radicaux. Retraité des postes, ce cadre local est surtout connu pour son rôle central dans la mouvance identitaire française depuis quatre décennies.
Un parcours marqué par l'extrême droite
Dans les années 1980, Philippe Gibelin était trésorier du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (Grece), une organisation ethno-différencialiste classée à l'extrême droite. Ce groupe, pilier de la « nouvelle droite », a profondément influencé les théories antiégalitaires qui structurent aujourd'hui le discours du RN.
Administrateur de la Domus Europa, propriété du Grece près d'Aix-en-Provence, Gibelin a participé à l'organisation d'événements controversés, comme les camps du scoutisme néopaïen Europe Jeunesse ou les universités d'extrême droite. En 2019, il a présidé les obsèques de Guillaume Faye, théoricien radical de la « néodroite ».
Une stratégie politique ambiguë
Le RN a soigneusement omis de mentionner ces engagements dans sa présentation de Gibelin, mettant en avant son implication associative locale. Pourtant, son parcours inclut la fondation du Bloc identitaire et la création d'un site de « réinformation », concept cher aux cercles identitaires. Son association Nationalité Citoyenneté Identité (NCI) reste un pilier de cette mouvance.
Cette candidature interroge sur la stratégie du RN, qui tente de se normaliser tout en s'appuyant sur des figures issues de l'extrême droite radicale. Dans un contexte de crise de la démocratie locale, ce choix pourrait alimenter les débats sur la radicalisation des partis politiques.
Un enjeu national
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de consolider les institutions locales, cette affaire rappelle les tensions persistantes au sein de la droite française. Le RN, en pleine préparation des élections de 2027, tente de concilier modération apparente et ancrage dans des réseaux radicaux. Une équation délicate, alors que l'Union européenne observe de près l'évolution du paysage politique français.