Un double enjeu pour Édouard Philippe
Le maire sortant du Havre, Édouard Philippe, a officiellement lancé sa campagne pour les municipales de 2026, mais derrière cette candidature se profile déjà l'ombre de la présidentielle. Dans un contexte de crise de la démocratie locale, son échec au Havre pourrait compromettre ses ambitions nationales.
Une stratégie risquée
« Si je ne réussis pas à convaincre les Havrais qui me connaissent, je ne serai pas dans la meilleure position pour convaincre les Français », a-t-il reconnu, soulignant l'importance symbolique de cette élection. Pourtant, certains habitants expriment leurs doutes : « Avoir une tête de liste qui pourrait délaisser la ville pour des ambitions nationales, cela ne me convainc pas », estime un électeur.
La gauche unie contre Philippe
Face à lui, la gauche se mobilise. Jean-Paul Lecoq, député communiste, accuse Philippe d'utiliser la ville comme « marchepied » pour sa carrière. La France insoumise, quant à elle, promet une union de la gauche au second tour pour le battre. « On doit battre Édouard Philippe, donc on mettra toutes les dispositions en place pour le faire », déclare Charlotte Boulogne, candidate LFI.
La droite et l'extrême droite en embuscade
Du côté de l'Union des droites - Rassemblement national, Franck Keller vise les électeurs déçus de Philippe, notamment ceux qui n'ont pas accepté son ralliement à Emmanuel Macron. « Les gens de droite sont déçus par ses votes inspirés du Parti socialiste », affirme-t-il. Cette guerre des droites pourrait affaiblir encore davantage le maire sortant.
Un test pour 2027
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser le pays, l'échec de Philippe au Havre pourrait fragiliser la majorité présidentielle. Dans un contexte de crise des vocations politiques, son parcours servira de test pour les stratégies des partis en vue de 2027.