Une gauche divisée, un maire sortant en position de force
François Grosdidier, maire sortant de Metz, a officialisé sa candidature le 6 février, après des mois de calculs politiques. À 64 ans, l'ancien député et sénateur LR a joué la carte de la patience, laissant ses adversaires se déchirer dans une gauche profondément fracturée.
Des alliances impossibles
En 2020, l'union de la gauche avait failli l'emporter, avec seulement 197 voix de retard au second tour. Cette fois, la situation est radicalement différente. La France insoumise (LFI) part seule, emmenée par Charlotte Leduc, tandis que les écologistes ont choisi Jérémy Roques, principal opposant de Grosdidier durant le mandat précédent.
Le Parti communiste, François Ruffin (ex-LFI), le Parti animaliste et L'Après ont tenté de rassembler leurs forces derrière Roques, mais sans succès. Les socialistes, eux, ont préféré lancer Bertrand Mertz, ancien maire de Thionville, soutenu par Dominique Gros et Place publique. Une division qui arrange Grosdidier.
Une droite en ordre de bataille
Alors que la gauche se déchire, la droite, unie derrière Grosdidier, se prépare à capitaliser sur ces divisions. Dans un contexte national marqué par la crise des vocations politiques et la montée des extrêmes, cette stratégie pourrait s'avérer payante.
Les élections municipales de 2026 s'annoncent comme un test pour le gouvernement Lecornu II, alors que l'exécutif tente de contenir les tensions sociales et politiques. À Metz, Grosdidier mise sur l'affaiblissement de ses adversaires pour conserver son fauteuil.
Un enjeu local, des conséquences nationales
Cette élection reflète les tensions au sein de la gauche française, fragilisée par les divisions internes et l'absence de stratégie commune. Dans un pays où la crise de la démocratie locale se fait sentir, Metz pourrait devenir un symbole des difficultés des partis à se rassembler.
Alors que le gouvernement tente de stabiliser le pays, les municipales pourraient servir de baromètre pour les élections de 2027. Grosdidier, s'il l'emporte, renforcera sa position dans le paysage politique lorrain, tandis que la gauche devra tirer des leçons de son échec.