Un soleil de plomb sur une campagne empoisonnée
À deux mois des élections municipales, Nice devient l'épicentre d'une bataille politique qui dépasse largement les enjeux locaux. Sous un ciel azuréen, deux figures de la droite française s'affrontent dans un duel qui cristallise les divisions d'une ville et d'un pays.
Estrosi, le maire sortant aux méthodes contestées
Christian Estrosi, candidat à un quatrième mandat, tente de justifier sa longévité au pouvoir par ses réalisations urbanistiques. La coulée verte, avec ses 8 000 plantations, est son argument phare. Pourtant, les critiques fusent :
"C'est le quatrième mandat quand même, vous n'en avez pas marre ?"
Face à ces interrogations, le maire sortant utilise une métaphore musicale pour justifier sa candidature : "Comme dirait Johnny, j'ai encore envie d'avoir envie." Une réponse qui en dit long sur son attachement au pouvoir, alors que la France traverse une crise de la démocratie locale.
Ciotti, l'allié du RN qui veut briser l'hégémonie estrosienne
Éric Ciotti, ancien collaborateur devenu principal rival, incarne une droite encore plus radicale, alliée au Rassemblement National. Il promet de "remettre de l'ordre dans les comptes et dans la rue", une formule qui résonne dans un contexte de crise de la sécurité en France.
Le président de l'Union des droites pour la République (UDR) ne mâche pas ses mots contre son ancien mentor : "M. Estrosi est un farouche soutien de monsieur Macron depuis 2017", une accusation qui vise directement le gouvernement Lecornu II et la stratégie du président Emmanuel Macron.
Une gauche fragmentée, victime de la guerre des droites
Alors que les deux candidats de droite s'affrontent violemment, la gauche niçoise peine à s'unir. Cinq listes se disputent les voix, malgré des positions communes contre les deux candidats dominants. Juliette Chesnel Le Roux, candidate écologiste, résume la situation :
"Ni Estrosi ni Ciotti, c'est d'ailleurs un slogan de nos tracts de campagne."
Pourtant, cette division pourrait profiter à la droite, alors que la gauche française tente de se reconstruire après les défaites de 2027.
Un duel qui dépasse Nice
Ce duel fratricide illustre la guerre des droites en France, où les divisions internes affaiblissent le camp conservateur face à une gauche en reconstruction. Les Niçois, eux, subissent cette guerre politique au quotidien :
"Les deux se font la guerre, et c'est chiant parce que Nice est mis en avant dans toute la France à cause de ça."
Dans ce contexte, la question se pose : cette bataille politique servira-t-elle les intérêts des Niçois, ou ne fera-t-elle que creuser les divisions d'une ville déjà polarisée ?