Un climat tendu à l’approche des municipales
À quelques semaines des élections municipales parisiennes prévues les 15 et 22 mars, la campagne prend une tournure judiciaire. Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie, a annoncé le dépôt d’une plainte pour diffamation contre Rachida Dati, sa principale rivale de droite. Cette décision fait suite à des déclarations controversées de l’élue LR, diffusées sur CNews et Europe 1.
Des accusations graves et des tensions politiques
Dans ses propos, Rachida Dati avait évoqué des « tentatives d’agressions » orchestrées par l’équipe de Grégoire, ainsi que celle de Ian Brossat et David Belliard. Elle avait également lié ces allégations à la mort tragique de Quentin D., un militant identitaire tué lors d’affrontements à Lyon. « On en arrive là, à la mort d’un jeune homme », avait-elle déclaré, sous-entendant un lien avec la violence politique.
« Parfois, vous pouvez mener des réunions et l’équipe de M. Brossat, M. Belliard et M. Grégoire vous envoient des gens pour essayer de vous agresser ou d’agresser les gens avec lesquels vous vous réunissez. »
Une riposte judiciaire et politique
L’équipe de Grégoire a immédiatement réagi en qualifiant ces accusations de « mensonges indignes ». « Instrumentaliser la mort d’un jeune homme pour des calculs politiques, c’est indigne. Et c’est surtout illégal », a déclaré David Belliard. Ian Brossat a également confirmé son intention de porter plainte, tout comme son allié écologiste.
Des violences physiques dans le 15e arrondissement
Par ailleurs, un militant de Grégoire aurait été pris à partie dimanche matin au marché Grenelle, par des proches de Sarah Knafo, candidate soutenue par Éric Zemmour. Selon les témoignages, Samuel Lafont, tête de liste de Knafo dans l’arrondissement, aurait agressé un militant isolé. « Un groupe de militants d’extrême droite a pris à partie plusieurs militants de la gauche unie », précise un communiqué de campagne.
« Vous mentez et vous le savez ! VOS militants nous ont agressés verbalement. En nous insultant grossièrement. »
Un contexte de polarisation accrue
Ces incidents s’inscrivent dans un climat de montée des tensions politiques, marqué par des accusations croisées et des violences sporadiques. La gauche unie dénonce une « instrumentalisation de la sécurité » par la droite, tandis que les partisans de Dati et de Knafo dénoncent une « radicalisation » de l’opposition. Dans ce contexte, la campagne municipale parisienne pourrait bien devenir un laboratoire des stratégies pour 2027.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de maintenir un discours d’apaisement, ces affrontements rappellent les fractures persistantes du paysage politique français, où la crise de la démocratie locale se double d’une radicalisation des débats.