Un député LFI accuse le Nord de « pauvreté intellectuelle », la droite s'indigne
Le député La France insoumise (LFI) Carlos Martens Bilongo a suscité une vive polémique en évoquant une supposée « pauvreté intellectuelle » dans le nord de la France, déclenchant une réaction virulente de la droite et de l'extrême droite.
Des propos tenus dans une émission controversée
Invité de l'émission « La Librairie africaine » sur YouTube, le député du Val-d'Oise participait à un débat sur le racisme en France. Lors de l'échange, les intervenants ont déploré l'ignorance persistante concernant le rôle des soldats africains et arabes dans la libération de la France pendant la Seconde Guerre mondiale.
« Quand ils ont été à l'école, on ne leur a pas dit que c'est grâce à des [soldats] arabes et noirs qu'on a pu de manière significative libérer leur pays », a déclaré l'avocat Mbeko Tabula.
Carlos Martens Bilongo a enchaîné en affirmant que « le raciste est très bête » et que « dans les territoires où les gens n'ont pas de diplômes, là où tu as une pauvreté intellectuelle dans les territoires, le nord de la France, etc., [que] les racistes sont en avant ». Ces propos, rapidement diffusés sur les réseaux sociaux, ont provoqué une tempête politique.
La droite et l'extrême droite montent au créneau
Xavier Bertrand, président Les Républicains (LR) des Hauts-de-France, a immédiatement réagi sur X, dénonçant un « mépris » inacceptable envers les habitants du Nord.
« Après Jean-Luc Mélenchon, c'est maintenant l'un de ses députés qui s'attaque aux gens du Nord. Nous n'avons aucune leçon à recevoir d'eux : les insultes de @BilongoCarlos ne méritent que du mépris de la part des habitants des Hauts-de-France », a-t-il écrit.
Sébastien Chenu, député du Rassemblement national (RN) et vice-président de l'Assemblée nationale, a également critiqué le « mépris » affiché par son collègue. La polémique s'inscrit dans un contexte déjà tendu entre la gauche radicale et la droite, alors que les élections de 2027 approchent.
Un précédent polémique : les propos sexistes sur Rachida Dati
Quelques jours avant cette affaire, le même député avait suscité l'indignation en suggérant que Rachida Dati, ministre de la Culture et candidate LR à la mairie de Paris, avait progressé dans sa carrière grâce à des « promotions canapé ».
« Chacun ses moyens », avait-il lancé, provoquant des rires parmi les invités.
Face à la polémique, Carlos Martens Bilongo s'est excusé sur X, évoquant « un devoir d'exemplarité » et regrettant des propos « sexistes » qui ne reflétaient « absolument pas les principes » de la gauche.
Une stratégie de division ?
Pour Xavier Bertrand, ces déclarations s'inscrivent dans une « stratégie assumée de la France insoumise, qui est celle de tous les extrêmes : diviser, opposer les uns aux autres pour créer le chaos ». Une accusation que LFI pourrait bien rejeter, au nom de la liberté d'expression et du combat contre les discriminations.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser un paysage politique fragmenté, cette nouvelle polémique rappelle les tensions persistantes entre les forces progressistes et les partis conservateurs, dans un contexte marqué par les défis économiques et sociaux du pays.