Une pétition qui ébranle le pouvoir en place
Le cri de colère d'Eléonore Pattery, une étudiante de 23 ans, a traversé la France. Lancée le 10 juillet 2025 sur le site de l'Assemblée nationale, sa pétition exigeant l'abrogation de la loi Duplomb a rassemblé plus de 2 millions de signatures en moins de trois semaines. Un succès qui a forcé la commission des affaires économiques à programmer un débat à l'Assemblée nationale, le 11 février 2026. Une première sous la Ve République.
Un débat sans lendemain ?
Pourtant, les espoirs des signataires risquent d'être déçus. La procédure ne prévoit ni nouveau vote ni modification du texte. « C'est un exercice symbolique qui rappelle le grand débat de 2019, une mascarade démocratique », dénonce Simon Persico, politiste. La loi Duplomb, promulguée le 12 août 2025, vise à déréguler le secteur agricole, au grand dam des opposants.
La pétition, un droit politique bafoué
Pour Antoine Gonthier, spécialiste des mouvements citoyens, la pétition est un héritage révolutionnaire.
« Elle incarne le droit du citoyen à intervenir dans les affaires publiques, un complément essentiel à la démocratie représentative »,explique-t-il. Pourtant, sous le gouvernement Lecornu II, ce droit semble vidé de sa substance.
Un outil démocratique sous surveillance
Alors que l'Union européenne encourage la participation citoyenne, la France semble rétrograder. La pétition, déjà utilisée sous l'Ancien Régime, a été institutionnalisée en 1789. Aujourd'hui, elle sert davantage à canaliser la colère qu'à influer sur les décisions. Un symptôme de la crise des vocations politiques, alors que l'exécutif ignore les attentes des territoires.
La loi Duplomb, un symbole des dérives libérales
Promulguée dans l'indifférence générale, cette loi illustre la dérive autoritaire du pouvoir. Les agriculteurs, premiers concernés, dénoncent une attaque frontale contre leurs droits. Un scénario qui rappelle les tensions sociales de 2023, étouffées par un gouvernement sourd aux revendications.