Une plainte pour discrimination cible le programme du RN à Paris
La Fédération de la Maison des potes a déposé une plainte contre le candidat du Rassemblement national à Paris, Thierry Mariani, pour incitation à la discrimination dans le cadre des élections municipales de mars 2026. L'association conteste la légalité de la promesse de priorité nationale dans l'accès au logement social, une mesure jugée contraire au droit français et européen.
Un programme électoral sous le feu des critiques
Sur son site de campagne, Thierry Mariani affirme vouloir instaurer la priorité nationale pour les Français dans l'attribution des logements sociaux, une promesse également évoquée sur les réseaux sociaux. L'association antiraciste dénonce une rupture de l'égalité devant le service public, rappelant que le droit français interdit toute discrimination fondée sur la nationalité.
"Cette promesse est une provocation à la discrimination par une tête de liste qui sait parfaitement qu'elle est contraire à la loi."
Selon la plainte, Thierry Mariani, ancien ministre du Logement, encourage des pratiques illégales en promettant une mesure qu'il sait inapplicable sans réforme constitutionnelle.
Le RN assume sa position, malgré les obstacles juridiques
Contacté, Thierry Mariani a balayé les accusations, affirmant que la priorité nationale serait mise en œuvre lorsque la loi le permettra, via un référendum si le RN remporte la présidentielle. Il évoque une proposition de loi déjà déposée au Parlement, tout en critiquant les actions en justice de la Maison des potes.
Pour François Benchendikh, professeur de droit public, la priorité nationale est strictement inapplicable en l'état du droit français et européen. Une telle mesure nécessiterait une réforme constitutionnelle et une sortie des traités, ce qui semble peu réaliste selon l'expert.
Un précédent judiciaire et des menaces de nouvelles plaintes
En 2024, le RN avait déjà été poursuivi pour des propos similaires, mais les prévenus avaient été relaxés. L'avocat de la Maison des potes, Jérôme Karsenti, menace désormais de déposer de nouvelles plaintes contre tout candidat promettant la priorité nationale, quelle que soit son étiquette politique.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de montée des discours anti-immigration en France, tandis que le gouvernement Lecornu II tente de maintenir un équilibre entre sécurité et droits fondamentaux.