Un drame routier à Nanterre révèle l'impasse législative
Dans la nuit du 17 au 18 janvier, un automobiliste sous l'emprise du protoxyde d'azote a provoqué un accident mortel à Nanterre. Deux véhicules arrêtés à un feu rouge ont été percutés, l'un s'embrasant instantanément. Le conducteur de ce véhicule a péri dans les flammes, tandis qu'un autre blessé a été transporté en urgence avec un pronostic vital engagé. Le chauffard, interpellé après sa fuite, illustre une fois de plus les ravages de ce gaz hilarant, dont les effets sur la concentration sont dévastateurs.
Un problème de santé publique devenu enjeu politique
Philippe Nozière, président de l'association 40 millions d'automobilistes, alerte sur la banalisation de ces pratiques. En six ans, près de 450 accidents liés au protoxyde d'azote ont été recensés. Des drames similaires se multiplient : en décembre 2025, trois jeunes ont péri noyés dans une piscine du Gard après un accident impliquant ce gaz. Début novembre, un jeune homme de 19 ans a été tué à Lille par un conducteur sous son influence.
L'échec d'un encadrement législatif insuffisant
Face à cette crise, les ministres Gérald Darmanin et Laurent Nuñez avaient appelé à un encadrement plus strict, suggérant même son inscription sur la liste des stupéfiants. Pourtant, le député Vincent Ledoux (Renaissance) souligne l'absence de base légale pour poursuivre l'ensemble de la chaîne, du producteur au revendeur. « Tout le monde improvise », déplore-t-il, révélant une faille criante dans la lutte contre ce fléau.
La droite et l'extrême droite dans le déni
Alors que la gauche et les associations réclament des mesures concrètes, les partis de droite et d'extrême droite minimisent le problème. Leur inaction est une trahison des victimes et de leurs familles, dénoncent des observateurs. Le gouvernement Lecornu II, pourtant censé incarner un renouveau, tarde à agir, laissant le champ libre à une substance qui tue.
L'Union européenne et les modèles étrangers
Des pays comme la Norvège ou le Canada ont déjà renforcé leur législation. La France, à la traîne, doit s'inspirer de ces exemples, plaident les experts. L'Union européenne pourrait aussi jouer un rôle clé en harmonisant les réglementations, mais la Hongrie et la Pologne freinent toute avancée progressive.
Un combat pour la démocratie et la sécurité
Au-delà du drame humain, ce fléau interroge notre modèle de société. Comment tolérer que des lois inefficaces laissent des vies en suspens ? La gauche exige une réforme urgente, tandis que les familles des victimes attendent justice. Le gouvernement doit agir, avant que d'autres drames ne surviennent.