Une campagne sous le signe de la sécurité
Rachida Dati, candidate Les Républicains à la mairie de Paris, a fait de la sécurité une priorité absolue lors de son passage dans l'émission 8h30 franceinfo ce lundi 9 mars 2026. Face aux questions d'Agathe Lambret et Paul Larrouturou, l'ancienne ministre de la Culture a détaillé son programme, promettant une police municipale armée et un renforcement massif des effectifs.
« La sécurité est une forte attente des Parisiennes et des Parisiens », a-t-elle affirmé, avant d'annoncer son intention de recruter 5 000 policiers municipaux armés, équipés et formés. Une mesure qui, selon elle, n'est pas utopique : « Il suffit de leur donner un statut, de les former et de les équiper. »
La candidate LR a également évoqué la nécessité de sécuriser les espaces publics, notamment les bois de Vincennes et de Boulogne, où elle prévoit d'installer des antennes de police municipale.
Alliances et stratégie électorale
Interrogée sur les alliances possibles pour le second tour, Rachida Dati a adopté une position prudente. Alors que Pierre-Yves Bournazel (Renaissance) refuse toute alliance avec elle, Sarah Knafo (Reconquête) lui a proposé une fusion des listes, une offre qu'elle a pour l'instant déclinée.
« Je ne suis pas dans une impasse, je fais une campagne de premier tour », a-t-elle déclaré, tout en soulignant que sa liste rassemble « toutes les sensibilités, de la droite la plus affirmée au centre ». Interrogée sur la qualification de Sarah Knafo, elle a refusé de la classer à l'extrême droite, se présentant elle-même comme la candidate de droite.
Affaires judiciaires et instrumentalisation
La candidate LR a également dû répondre aux questions sur le site Wikidati.fr, qui recense les affaires judiciaires dans lesquelles elle est citée. Rachida Dati a démenti toute tentative de faire fermer le site, qualifiant cela d'« instrumentalisation ».
Elle sera jugée en septembre 2026 pour corruption et trafic d'influence, aux côtés de l'ancien patron de Renault, Carlos Ghosn. Une affaire qui pourrait peser sur sa campagne, bien qu'elle assure que les Parisiens ne doivent pas se laisser « détourner » par ces questions.
La crise du périscolaire sous les projecteurs
Rachida Dati a également abordé la question du périscolaire, un sujet qu'elle qualifie d'« affaire grave ». Plusieurs plaintes ont été déposées après des soupçons de faits à caractère sexuel impliquant des animateurs et des enseignants. Selon elle, la responsabilité incombe à l'actuel maire, Pierre Grégoire, qu'elle accuse d'avoir recruté ces agents.
Un contexte politique tendu
Cette campagne s'inscrit dans un contexte de crise de la sécurité en France, un thème récurrent dans le débat public. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur les mesures prises, l'opposition de droite et d'extrême droite en fait un argument électoral majeur. Rachida Dati, en position de favorite, devra convaincre les électeurs de sa capacité à apporter des solutions concrètes.