Un défenseur de l'État de droit en campagne
Près d'un an après sa nomination par Emmanuel Macron, Richard Ferrand, président du Conseil constitutionnel, multiplie les interventions publiques pour défendre son institution. Une mission d'autant plus cruciale que le Conseil fait face à une montée des critiques, notamment de la part de la droite et de l'extrême droite.
Un climat politique tendu
Dans un contexte marqué par des attaques répétées contre les institutions judiciaires, Richard Ferrand a choisi le tribunal judiciaire de Créteil pour rappeler l'importance de l'État de droit. "L'État de droit, c'est l'oxygène de la démocratie. Il garantit que nous puissions tous respirer l'air de la liberté", a-t-il déclaré devant des étudiants et des professionnels du droit.
Des critiques virulentes
Le Conseil constitutionnel est régulièrement pris pour cible, accusé d'ingérences étrangères ou de partialité. Des attaques qui s'inscrivent dans un climat plus large de défiance envers les contre-pouvoirs. "Les lois doivent d'abord être constitutionnelles avant d'être 'communicationnelles'", a souligné Ferrand, faisant référence aux récentes censures de textes comme la loi Duplomb sur les pesticides.
Une nomination contestée
La présence de proches du président Macron à des postes stratégiques, comme celle d'Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, alimente les suspicions de verrouillage du système. "S'il ne le faisait pas, on le lui reprocherait", confie un fidèle du chef de l'État. Une stratégie perçue comme une préparation à l'éventuelle arrivée du Rassemblement national au pouvoir.
Préparer 2027
Le Conseil constitutionnel aura un rôle clé dans la présidentielle de 2027, garantissant l'impartialité du scrutin. Une mission d'autant plus sensible que la campagne s'annonce âpre, avec une gauche en ordre de bataille et une droite divisée. "La peur n'évite pas le danger", lance Ferrand, assumant son rôle de gardien des institutions.