Une candidature surprise dans un contexte de crise politique
Jeudi 12 février 2026, Bruno Retailleau, président des Républicains, a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027. Cette déclaration intervient dans un contexte de profonde division à droite, alors que le pays traverse une crise des vocations politiques et une crise de la démocratie locale.
Un programme axé sur l’ordre et la restriction des libertés
Dans un message adressé aux parlementaires de son parti, Retailleau a justifié sa décision par la nécessité de « proposer un nouveau chemin » pour la France, centré sur « l’ordre, la prospérité et la fierté française ».
Le candidat LR a notamment promis de soumettre à référendum des mesures controversées, comme une réduction drastique de l’immigration et une réforme de la justice pénale. Ces propositions, constitutionnellement fragiles, visent à « imposer l’autorité de la République » et à lutter contre ce qu’il qualifie de « dérives de l’État de droit ».
« Je ne céderai ni à la violence, ni au politiquement correct, ni aux dérives de l’État de droit qui s’est retourné contre le droit des Français à vivre en paix et en sécurité. »
Une droite divisée face à l’échéance de 2027
Cette annonce risque d’exacerber les tensions au sein de la droite, déjà éclatée entre plusieurs candidats potentiels. Xavier Bertrand, David Lisnard et Michel Barnier se positionnent également, tandis que Laurent Wauquiez plaide pour une primaire ouverte, allant des macronistes à l’extrême droite.
Retailleau a pris les devants avant même la publication des propositions de son propre groupe de travail sur la désignation du candidat LR, prévue fin février. Une stratégie qui pourrait être perçue comme un coup de force au sein d’un parti en quête de cohésion.
Un discours populiste dans un contexte de crise
Le président des Républicains a dénoncé une France « en train de s’effacer » face à un monde « de plus en plus menaçant ». Son discours, teinté de nationalisme, met en avant la crise de la sécurité en France et la crise des finances publiques, promettant de « remettre à sa juste place » un État jugé trop dépensier.
Il a également annoncé vouloir « refonder le modèle social » en privilégiant « la France des travailleurs » plutôt que « celle des profiteurs ». Une rhétorique qui rappelle les thèmes chers à l’extrême droite, alors que le pays est marqué par des tensions sociales croissantes.
Un défi constitutionnel et politique
Les projets de référendum de Retailleau soulèvent des questions juridiques, l’immigration et la justice n’étant pas des sujets éligibles à ce mécanisme. Par ailleurs, son refus du « politiquement correct » et son appel à « ne pas reculer face à la violence » pourraient alimenter les critiques sur un éventuel glissement autoritaire.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser le pays, cette candidature pourrait relancer la guerre des droites et compliquer la stratégie des partis en vue de 2027.