Une élection contestée et un mouvement en pleine implosion
Les Jeunes en Marche (JEM), mouvement satellite de La République En Marche (LREM), traversent une crise interne profonde après des soupçons de fraude électorale lors de l'élection de leur président, Louis Roquebert, en juin dernier. Proche de Gabriel Attal, ministre de l'Éducation nationale, Roquebert a été élu avec 63% des voix, mais cette victoire est aujourd'hui contestée par une partie des cadres du mouvement.
Un déni de démocratie au sein des JEM
Stéphane Pair, journaliste d'investigation, évoque un « gros divorce » au sein des JEM, où environ 250 cadres référents dénoncent un déni de démocratie. Seuls 2 600 adhérents sur les 27 000 revendiqués auraient participé au vote, avec des doutes sur la légitimité de ces résultats.
« C'est quelque chose qu'on a vu d'une manière un peu épisodique dans tous ces mouvements-là : il faut montrer qu'on a de la surface politique, qu'on existe et qu'on est en capacité de mobiliser large. »
Un mouvement en perte de crédibilité
Cette crise s'inscrit dans un contexte plus large de crise des vocations politiques, où les mouvements de jeunesse peinent à se renouveler. Les JEM, comme d'autres structures similaires, cherchent à exister politiquement en affichant une base militante solide, mais les accusations de fraude remettent en cause leur crédibilité.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur la stabilité institutionnelle, cette affaire rappelle les dysfonctionnements internes qui minent certains partis politiques, notamment à droite et à l'extrême droite, souvent critiqués pour leur manque de transparence.
Un enjeu pour la majorité présidentielle
Cette crise intervient alors que le président Emmanuel Macron prépare les échéances électorales de 2027. Les JEM, censés incarner le renouveau politique, voient leur image ternie par ces accusations. La gauche, quant à elle, pourrait profiter de cette situation pour dénoncer les dérives autoritaires et le manque de transparence au sein de la majorité.
Dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions internationales, cette affaire illustre les défis internes auxquels doit faire face la majorité présidentielle, alors que l'opposition se renforce.