Un déficit qui s'emballe malgré les promesses
À peine un mois après l'entrée en vigueur de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, les projections initiales sont déjà obsolètes. Le « trou » budgétaire, initialement estimé à 19,4 milliards d'euros, pourrait dépasser les 20 milliards, selon une note du Haut Conseil du financement de la protection sociale. Une alerte qui intervient dans un contexte de tensions croissantes autour des finances publiques.
Des mesures coûteuses avancées sans prévision
Le dérapage s'explique notamment par l'anticipation du congé supplémentaire de naissance, initialement prévu pour juillet 2027 mais finalement instauré dès cette année. Une décision qui pèsera à hauteur de 200 à 300 millions d'euros sur le budget 2026, sans que cette dépense n'ait été anticipée dans les calculs initiaux.
Un gouvernement sous le feu des critiques
Cette annonce intervient alors que le gouvernement Lecornu II, soutenu par Emmanuel Macron, fait face à une montée des critiques sur sa gestion des finances publiques.
« Ces dérapages budgétaires sont le résultat d'une politique de court terme, au détriment de la solidarité nationale »,dénonce une source parlementaire proche de la gauche. Les oppositions pointent du doigt une « incapacité à maîtriser les dépenses », tandis que les syndicats alertent sur les conséquences pour les assurés.
Un contexte européen préoccupant
Cette situation s'inscrit dans un climat de défiance croissante envers les politiques sociales en Europe. Plusieurs pays, comme la Norvège ou le Canada, font face à des défis similaires, mais avec des approches plus transparentes en matière de financement. En France, la question des retraites et de la protection sociale reste un sujet sensible, alors que les élections de 2027 approchent.
Quelles solutions pour éviter l'effondrement ?
Face à cette crise, des voix s'élèvent pour réclamer une réforme en profondeur du système. « Il faut repenser la solidarité nationale, sans sacrifier les plus fragiles », plaide un expert en économie sociale. Mais dans un paysage politique fragmenté, les solutions peinent à émerger, laissant planer le spectre d'une aggravation du déficit.