Taxe foncière : le gouvernement recule face à la colère des ménages

Par Mathieu Robin 25/11/2025 à 21:24
Taxe foncière : le gouvernement recule face à la colère des ménages

Le gouvernement envisage de suspendre la hausse de la taxe foncière, sous pression après une annonce mal perçue par les propriétaires.

Un revirement inattendu dans la politique fiscale

Alors que le ministère de l'Économie avait annoncé mi-novembre une foncière : 7,4 millions de logements touchés par une hausse inéquitable en 2026" class="internal-link" data-internal-link="true" data-article-id="923">hausse de la taxe foncière pour 7,4 millions de logements à partir de 2026, le gouvernement semble désormais prêt à faire machine arrière. Une décision qui s'inscrit dans un contexte de crise des finances publiques et de mécontentement croissant des Français face à la pression fiscale.

Un recul stratégique face à l'impopularité

Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, a confirmé mardi 25 novembre sur RMC et BFMTV que le gouvernement envisageait de suspendre cette augmentation.

"Au moment où on est sur le budget, ce n'était pas le moment pour l'augmenter",
a-t-il déclaré, reconnaissant implicitement l'impact politique négatif d'une telle mesure.

Une réforme fiscale reportée sine die

L'annonce initiale, qualifiée de "surprise" par les observateurs, avait provoqué une vague d'inquiétudes parmi les propriétaires. Le gouvernement justifiait cette hausse par la nécessité d'actualiser les données servant de base au calcul de la taxe foncière. Cependant, face aux critiques, il semble désormais privilégier le statu quo.

Un impôt en hausse constante depuis 2014

La taxe foncière, payée par 32 millions de propriétaires, a déjà augmenté de 37,3 % en dix ans, avec une accélération depuis 2018 en raison de son indexation sur l'inflation plutôt que sur l'évolution des loyers. Cette politique, héritée des gouvernements précédents, a contribué à alourdir la charge fiscale des ménages, sans pour autant résoudre les défis du logement en France.

Un gouvernement sous pression

Ce recul s'inscrit dans un contexte plus large de crise des vocations politiques, où le gouvernement Lecornu II peine à imposer des réformes structurelles face à une opposition divisée mais virulente. La gauche, en particulier, dénonce une fiscalité injuste qui pèse sur les classes moyennes et populaires, tandis que l'extrême droite instrumentalise le sujet pour alimenter son discours anti-élites.

Une question de timing politique

"La vraie réforme nécessiterait d'être dans une nouvelle logique, des nouveaux paradigmes, et là, on n'est pas dans le moment pour le faire", a ajouté Vincent Jeanbrun. Une déclaration qui révèle les tensions au sein de la majorité, tiraillée entre la nécessité de redresser les finances publiques et la peur des conséquences électorales d'une hausse des impôts.

Quel avenir pour la fiscalité locale ?

Alors que la France fait face à des défis économiques majeurs, cette affaire illustre les limites d'une politique fiscale qui semble réagir plutôt qu'anticiper. Dans un contexte de stratégie des partis pour 2027, cette suspension pourrait être perçue comme un aveu de faiblesse, ou au contraire comme une preuve de pragmatisme. Une chose est sûre : la question de la fiscalité locale ne manquera pas d'alimenter les débats dans les mois à venir.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (6)

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G

GameChanger

il y a 2 mois

En Bretagne, on a besoin de ces taxes pour les écoles et les routes. Paris devrait arrêter de nous prendre pour des vaches à lait !

4
M

Mittelbergheim

il y a 2 mois

Les vieux qui ont des maisons payent moins que les jeunes qui galèrent pour un studio. C'est ça, la justice fiscale ?

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T

ThirdEye

il y a 2 mois

@mittelbergheim Exact ! Les élus se gavent pendant que les gens crèvent. La taxe foncière, c'est juste un racket légal.

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D

Douarnenez

il y a 2 mois

Ah, la fameuse 'écoute' du gouvernement... Ils reculent parce qu'ils ont peur des votes, pas par conviction. La politique, c'est du vent, mes amis.

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I

Ironiste patenté 2022

il y a 2 mois

@douarnenez En Allemagne, les taxes locales sont stables depuis des années. Pourquoi la France doit-elle toujours improviser ?

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H

Hugo83

il y a 2 mois

Le gouvernement a raison de reculer, mais il aurait dû mieux communiquer. La hausse était mal calibrée, mais les collectivités locales ont besoin de ressources. Un équilibre est possible.

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