TVA sur les carburants : le gouvernement Macron refuse une mesure coûteuse mais nécessaire ?

Par Renaissance 11/03/2026 à 10:21
TVA sur les carburants : le gouvernement Macron refuse une mesure coûteuse mais nécessaire ?
Photo par engin akyurt sur Unsplash

TVA sur les carburants : le gouvernement refuse une baisse à 5,5%, jugée trop coûteuse. Le RN exige une mesure sociale, l'Europe bloque.

Un débat explosif sur la TVA des carburants

Alors que la guerre au Moyen-Orient continue de faire flamber les prix de l'essence en France, le Rassemblement national (RN) exige une baisse drastique de la TVA sur les carburants, passant de 20 % à 5,5 %. Une mesure que le gouvernement Lecornu II, soutenu par la majorité présidentielle, refuse catégoriquement, arguant d'un coût exorbitant pour les finances publiques.

17 milliards d'euros : un chiffre contesté

Le ministère de l'Économie, piloté par Bercy, avance un coût estimé à 17 milliards d'euros pour l'État. Une évaluation qui remonte à juin 2024 et qui inclut non seulement les carburants, mais aussi l'électricité et le gaz. Cependant, cette estimation est loin de faire l'unanimité.

L'Institut Montaigne, think tank libéral, évalue plutôt le manque à gagner entre 9 et 14 milliards d'euros. Quant au ministre des Comptes publics, David Amiel, il conteste lui-même les chiffres de Bercy, affirmant que la TVA sur les carburants ne rapporte pas 10 milliards, mais 8 milliards.

L'économiste Thierry Bros, spécialiste des questions énergétiques, juge quant à lui l'estimation de Bercy opaque et à prendre avec précaution. Il évalue lui aussi le coût à une dizaine de milliards, soulignant que la TVA sur l'essence varie en fonction des prix à la pompe.

Une mesure bloquée par l'Europe ?

Au-delà du coût, la baisse de la TVA sur les carburants se heurte à un obstacle majeur : les règles européennes. Selon une directive de 2006, les États membres de l'UE n'ont pas le droit de réduire la TVA sur les carburants, sauf dérogation exceptionnelle. Obtenir cette dérogation nécessiterait un vote à l'unanimité des 27 ministres des Finances, une perspective quasi impossible.

Reste l'option d'un plafonnement des prix, autorisé par le droit français, mais là encore, le coût serait élevé, car il faudrait compenser le manque à gagner des industriels.

Le RN persiste, la majorité résiste

Pour le Rassemblement national, cette mesure est une question de justice sociale, alors que les Français subissent une inflation galopante et des prix de l'énergie record. «

Le contribuable ne peut plus supporter des taxes aussi élevées sur l'essence, surtout en période de crise.
», martèle le parti d'extrême droite.

De son côté, la majorité présidentielle campe sur ses positions, invoquant la rigueur budgétaire. «

17 milliards, c'est l'équivalent de plusieurs réformes sociales. Le contribuable a-t-il vraiment les moyens de ce cadeau fiscal ?
», interroge le ministre des PME, Serge Papin.

Cette opposition frontale illustre une fois de plus les divergences profondes entre la droite nationaliste et le pouvoir en place, alors que la France s'enfonce dans une crise des finances publiques et une guerre des droites de plus en plus âpre.

Un enjeu politique avant 2027

Alors que l'élection présidentielle de 2027 approche, cette question pourrait bien devenir un marqueur politique. Le RN mise sur une mesure populaire, tandis que la majorité tente de préserver l'équilibre des comptes publics. Dans un contexte de crise des services publics et de crise de la sécurité, le gouvernement Lecornu II joue un jeu périlleux : celui de l'austérité face à l'urgence sociale.

Reste à savoir si l'Europe, souvent critiquée pour son rigidité, saura s'adapter à cette crise énergétique sans précédent. Une chose est sûre : le débat est loin d'être clos.

À propos de l'auteur

Renaissance

J'ai travaillé quinze ans dans l'industrie avant d'être licencié lors d'une délocalisation. Mon usine était rentable, mais pas assez pour satisfaire les actionnaires. Ce jour-là, j'ai compris que le système économique dans lequel nous vivons est profondément injuste. J'ai repris des études, je me suis formé au journalisme. Aujourd'hui, je donne une voix à ceux qu'on n'entend jamais dans les médias : les ouvriers, les précaires, les invisibles. La France périphérique existe, et elle doit parler.

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Commentaires (6)

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Zénith

il y a 5 jours

Bref, encore une fois, les petits paient pour les gros. Le gouvernement est en train de nous faire la peau à petit feu.

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A

Abraracourcix

il y a 5 jours

Le RN a raison cette fois. Une mesure sociale simple qui coûterait quoi ? 2 milliards ? La France a dépensé 45 milliards pour les retraites en 2023. Franchement, c'est pas ça qui va nous ruiner.

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Alexis_767

il y a 5 jours

@abraracourcix Oui mais l'Europe bloque. Et si on baisse la TVA, on doit compenser ailleurs. Qui paiera ? Les entreprises ? Les ménages ? Les collectivités ? La question mérite d'être posée.

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Louise54

il y a 5 jours

5,5% c'est rien, mais trop pour leur portefeuille. Et nous on crève à la pompe.

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Avocat du diable 2023

il y a 5 jours

Macron préfère les lobbies pétroliers à son peuple. Chocant ? Non, habituel.

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Renard Roux

il y a 5 jours

@avocat-du-diable-2023 Exactement. Quand t'as un QG à l'Élysée, t'entends plus les gens.

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