Une opposition politique sans précédent contre l'accord UE-Mercosur
Ce mercredi 14 janvier, l'Assemblée nationale examine deux motions de censure déposées par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN), visant à dénoncer l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Cet accord, qui doit être signé samedi, suscite une colère croissante, notamment dans le monde agricole, où les manifestations se multiplient, comme ce mercredi matin à Toulouse.
Un gouvernement isolé face à une opposition unanime
Malgré l'opposition quasi unanime de la classe politique française à cet accord, les motions de censure ont peu de chances d'aboutir. Le Parti socialiste (PS) et Les Républicains (LR) refusent de s'y associer, estimant que la position d'Emmanuel Macron, qui s'est opposé à la signature, rend une censure inutile.
« J'avais dit avant la semaine dernière que si Emmanuel Macron votait pour le texte, alors nous pourrions censurer (…). Il a voté contre », a justifié Bruno Retailleau, président de LR, sur Europe 1-CNews.
Pourtant, LFI et le RN persistent, accusant le gouvernement de faiblesse face à la Commission européenne. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI, dénonce « un gouvernement minoritaire et illégitime » qui mène une politique « coûte que coûte ». De son côté, le RN critique l'exécutif pour n'avoir pas utilisé « tous les moyens de négociation à sa disposition ».
La crise agricole au cœur des débats
La colère des agriculteurs, qui s'est intensifiée ces derniers jours, a forcé le gouvernement à faire machine arrière. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé de nouvelles mesures pour apaiser le mouvement, mais sans succès. LFI et le RN exploitent cette crise pour renforcer leur position, accusant Macron d'avoir « laissé ouverte la porte de la capitulation » face à Bruxelles.
Les écologistes et la Gauche démocrate et républicaine (communistes et ultramarins) devraient soutenir la motion de LFI, dénonçant un refus « de façade » de la part du gouvernement. Les écologistes appellent même la France à saisir la Cour de justice de l'Union européenne pour contester l'application provisoire du traité.
Un exécutif sous pression, menacé de dissolution
Le dépôt de ces motions a provoqué une vive réaction de l'exécutif, qui a menacé de dissolution en cas de censure. Une dissolution qui coïnciderait avec les municipales de mars, un scénario que le gouvernement cherche à éviter à tout prix.
Pourtant, malgré les tensions, l'accord UE-Mercosur semble inévitable. La France, bien que minoritaire en Europe, ne peut empêcher sa signature. Une situation qui illustre les limites du pouvoir français face aux institutions européennes, et qui pourrait alimenter les critiques contre Macron et son gouvernement dans les mois à venir.