Crise agricole : Lecornu promet une « justice économique » face aux importations déloyales

Par Decrescendo 04/01/2026 à 19:19
Crise agricole : Lecornu promet une « justice économique » face aux importations déloyales

Sébastien Lecornu promet une « justice économique » face aux importations déloyales. Crise agricole, PAC, sanctions, importations : le gouvernement tente de calmer la colère des agriculteurs.

Un gouvernement sous pression face à la colère des agriculteurs

Alors que les syndicats agricoles préparent une nouvelle mobilisation, le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de rassurer une profession en crise, notamment face à la dermatose nodulaire contagieuse. Dans une lettre ouverte publiée dimanche 4 janvier, il assume un virage politique clair : « Notre boussole est désormais assumée : mettre fin aux deux poids deux mesures ».

Une lettre ouverte aux accents populistes

Le ton de Sébastien Lecornu est direct : « Je ne vous écris pas pour vous rassurer, mais pour vous dire les choses clairement », écrit-il. Le Premier ministre reconnaît une « injustice profonde » et une « iniquité structurelle » dans la profession, tout en assurant que le gouvernement en tire les conséquences.

Simplification administrative et soutien financier

Parmi les mesures annoncées : un contrôle administratif unique, des délais de recours raccourcis, et un allègement des obligations liées à la Politique Agricole Commune (PAC). Le gouvernement promet aussi la fin des sanctions automatiques et disproportionnées.

Sur le plan financier, le fonds de soutien aux équipements hydrauliques agricoles verra sa dotation multipliée par trois, une mesure saluée par les syndicats mais jugée insuffisante par certains.

Une position ferme sur les importations

Sébastien Lecornu annonce des arrêtés pour suspendre l’importation de denrées sud-américaines contenant des résidus interdits en Europe. « C’est du bon sens », commente-t-il, tout en promettant des contrôles renforcés aux frontières.

Le Premier ministre s’engage également à combattre les accords commerciaux déséquilibrés, une position qui pourrait heurter les relations avec certains pays émergents.

Un cap politique contesté

Si la gauche salue ces mesures, l’extrême droite et une partie de la droite traditionnelle critiquent un revirement opportuniste à quelques mois des élections.

« Le gouvernement a mis des années à comprendre la colère des agriculteurs. Aujourd’hui, il tente de rattraper son retard en surfant sur la vague populiste »
, dénonce un député de la majorité présidentielle.

L’Europe dans le viseur

Sébastien Lecornu promet de renforcer la souveraineté alimentaire et de simplifier les règles européennes. Il s’inquiète notamment du mécanisme d’ajustement carbone (MACF), qu’il accuse d’entraîner des surcoûts négatifs pour les agriculteurs.

Une position qui pourrait isoler la France au sein de l’Union européenne, où certains pays, comme la Hongrie, défendent des positions radicalement opposées.

Vers une loi exceptionnelle ?

Le Premier ministre n’exclut pas une loi exceptionnelle, à condition qu’elle soit construite avec toutes les forces parlementaires. Une ouverture qui pourrait faciliter les négociations avec l’opposition, mais aussi compliquer l’adoption rapide du texte.

Une crise qui dépasse le cadre agricole

Au-delà des enjeux économiques, cette crise révèle des tensions profondes entre le gouvernement et les territoires ruraux. « C’est une question de justice sociale et territoriale », estime un observateur politique.

Alors que la France fait face à une crise de la démocratie locale, le gouvernement tente de rassurer en promettant des mesures concrètes. Mais pour beaucoup, ces annonces arrivent trop tard.

À propos de l'auteur

Decrescendo

J'ai couvert les manifestations contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes, les soignants en colère. J'ai vu des CRS charger des infirmières. J'ai vu des préfets interdire des manifestations au mépris du droit. J'ai vu des ministres mentir effrontément à la télévision. Cette violence institutionnelle, je la dénonce sans relâche. On me traite parfois d'extrémiste parce que je rappelle simplement ce que dit la Constitution. Tant pis. Je préfère être un démocrate radical qu'un complice.

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Commentaires (2)

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F

FXR_569

il y a 1 jour

Lecornu a raison de pointer du doigt les importations déloyales, mais où étaient ces mesures avant la crise ? En 2018, l'UE avait déjà identifié les problèmes avec les normes sociales et environnementales des pays tiers. Le vrai défi, c'est l'application concrète sur le terrain. Bref, on verra si cette fois c'est sérieux...

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val-87

il y a 1 jour

@fxr-569 ouais mais sérieux ??? Ils nous font le coup tjrs à chaque élection et après pfff... Les agriculteurs sont en galère et eux ils parlent de "justice économique" nooooon mais c'est trop tard !!!

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