Agriculteurs en colère : Lecornu promet une loi d'urgence, mais les manifestants ne désarment pas

Par Éclipse 14/01/2026 à 09:19
Agriculteurs en colère : Lecornu promet une loi d'urgence, mais les manifestants ne désarment pas

Agriculteurs en colère : des centaines de tracteurs à Paris pour exiger une loi d'urgence face à la crise agricole. Le gouvernement promet, mais les manifestants doutent.

Agriculteurs en colère : Lecornu promet une loi d'urgence, mais les manifestants ne désarment pas

Une manifestation historique devant l'Assemblée nationale

Des centaines de tracteurs ont envahi les rues de Paris, mardi 13 janvier, dans le cadre d'une mobilisation sans précédent organisée par la FNSEA et les Jeunes agriculteurs. Les manifestants, déterminés à faire entendre leur voix, ont déversé 30 tonnes de pommes de terre devant l'Assemblée nationale, symbole fort de leur désespoir face à une crise agricole qui s'aggrave.

Cette opération, d'une ampleur inédite, intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le monde agricole et le gouvernement. Les agriculteurs dénoncent des conditions de travail de plus en plus difficiles, une réglementation étouffante et un manque de soutien concret de la part des autorités.

Lecornu tente d'apaiser la colère avec une loi d'urgence

Face à cette montée des tensions, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé sur le réseau social X une série de mesures destinées à répondre aux revendications des agriculteurs. Parmi celles-ci, la promesse d'une loi d'urgence agricole, qui devrait être présentée en mars et examinée par le Parlement avant l'été.

Cette loi, préparée par la ministre Annie Genevard, se concentrera sur plusieurs priorités : la gestion de l'eau, la lutte contre la prédation et les moyens de production. Cependant, cette annonce a été accueillie avec scepticisme par les manifestants, qui estiment que les promesses gouvernementales ne suffisent plus.

Des réactions mitigées parmi les agriculteurs

Simon Ammeux, président de la FRSEA Hauts-de-France, a exprimé une satisfaction mitigée :

"Il y a d'une part un côté de satisfaction parce qu'on avait un certain nombre de questions qui ont été répondues plutôt favorablement. Mais nous restons mitigés, parce que ça prendra un certain temps à être mis en place."

De son côté, Matthieu Carpentier, président des Jeunes agriculteurs de l'Oise, a souligné l'urgence de la situation :

"Aujourd'hui, on est là devant l'Assemblée nationale, mais demain ? Il faut revenir dans six mois pour acter ces choses-là ? Là, ce sont des promesses et on ne peut pas se permettre d'avoir que des promesses."

Un maraîcher présent sur place a également exprimé son mécontentement, rappelant les promesses non tenues lors des précédentes manifestations :

"Quand on est venu manifester il y a deux ans déjà, ils nous avaient promis des choses qu'ils n'ont pas faites. Donc là, ils refont la même chose : 'ça sera signé en mois de mars, ça sera fait au mois de mars'. Si ça fait comme il y a deux ans, ça va rebelotte."

Une nuit de protestation devant l'Assemblée nationale

Malgré les annonces du gouvernement, les agriculteurs ont décidé de rester toute la nuit devant l'Assemblée nationale, déterminés à maintenir la pression. Cette décision illustre la profondeur de leur colère et leur refus de se contenter de promesses.

La situation rappelle les tensions récurrentes entre le monde agricole et les pouvoirs publics, dans un contexte où les crises économiques et environnementales exacerbent les difficultés des agriculteurs. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer si le gouvernement parviendra à apaiser cette colère ou si la mobilisation s'intensifiera.

Dans un pays où les inégalités sociales et les crises sectorielles s'accumulent, cette manifestation pourrait bien marquer un tournant dans la relation entre les agriculteurs et l'État.

À propos de l'auteur

Éclipse

Les affaires étouffées, les scandales enterrés, les lanceurs d'alerte persécutés : je m'intéresse à tout ce que le pouvoir voudrait garder dans l'ombre. J'ai reçu des menaces, des pressions, des tentatives d'intimidation. Ça ne m'arrêtera pas. La transparence démocratique n'est pas négociable. Quand un élu détourne de l'argent public, quand une entreprise pollue en toute impunité, quand un ministre ment au Parlement, les citoyens ont le droit de savoir. Je suis là pour ça. Et je ne lâcherai rien

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (5)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

H

Hortense du 38

il y a 15 minutes

Les manifestants ont raison de ne pas lâcher. Le gouvernement joue la montre depuis des mois. Il faut des actes, pas des discours.

0
Z

Zénith

il y a 51 minutes

Une loi d'urgence ? Trop tard. Les agriculteurs sont déjà au bord du gouffre.

0
S

Solstice

il y a 1 heure

En 2010, la crise laitière avait déjà conduit à des promesses similaires. Résultat ? Des fermes ont fermé. On tourne en rond...

-2
P

Patrick du 67

il y a 38 minutes

@solstice Exactement ! Et vous trouvez ça normal qu'on leur fasse le coup à chaque fois ?

0
M

Mittelbergheim

il y a 1 heure

Lecornu promet, les agriculteurs rigolent. La France, championne des annonces en carton.

6
Publicité