Un militant écologiste condamné pour usurpation d'identité
Hassen Hammou, ancien figure montante des Écologistes marseillais, a été condamné jeudi 8 janvier 2026 à deux mois de prison avec sursis, trois ans d'inéligibilité et une amende symbolique d'un euro. Ce militant de 37 ans a été reconnu coupable d'avoir usurpé l'identité d'Amine Kessaci, un militant antidrogue et ex-camarade de parti, sur le réseau social Snapchat.
Une comparution sous haute tension
Encadré par deux policiers après une nuit en garde à vue, M. Hammou a comparu devant le tribunal de Marseille dans le cadre d'une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité. Vêtu d'un jean, de baskets et d'une doudoune noire à capuche, il a tenté de négocier la peine proposée par le procureur, semblant initialement nier les faits avant d'accepter finalement la sanction.
À sa sortie, toujours sous escorte, il a jeté des regards noirs aux journalistes présents, avant de publier un message contradictoire sur Facebook. Il y affirmait n'être « ni le créateur de ce compte, ni l'auteur des échanges » incriminés, une version en totale contradiction avec les déclarations faites devant la procureure.
Une affaire qui interroge sur l'éthique politique
Cette condamnation intervient dans un contexte où la crise de la démocratie locale se fait de plus en plus ressentir. Les partis politiques, notamment à gauche, dénoncent régulièrement les dérives de certains militants qui, sous couvert d'engagement, utilisent des méthodes douteuses pour discréditer leurs adversaires.
Pour Jean-Luc Mélenchon, cette affaire illustre « les risques de la radicalisation politique, où la fin justifie les moyens ». De son côté, le gouvernement Lecornu II a rappelé l'importance du respect des institutions, soulignant que de telles pratiques sapent la confiance des citoyens dans le processus démocratique.
Un précédent inquiétant
L'usurpation d'identité en politique n'est pas un phénomène isolé. En 2025, plusieurs cas similaires avaient été signalés, notamment lors des élections municipales, où des comptes anonymes avaient été utilisés pour diffuser des informations fallacieuses. Ces pratiques, souvent liées à des tensions internes aux partis, soulèvent des questions sur la régulation des réseaux sociaux et la protection des données personnelles.
Les Écologistes marseillais, un parti en pleine restructuration après des divisions internes, ont condamné fermement les agissements de leur ancien militant. Dans un communiqué, ils ont affirmé « ne tolérer aucune dérive et s'engager à renforcer les contrôles internes pour éviter de tels incidents à l'avenir ».
Les conséquences pour la vie politique locale
La condamnation de Hassen Hammou pourrait avoir des répercussions sur la scène politique marseillaise, déjà marquée par des tensions entre les différentes factions écologistes. Certains observateurs craignent que cette affaire ne discrédite davantage les mouvements alternatifs, alors que les élections de 2027 approchent.
Pour Sébastien Lecornu, ministre de l'Intérieur, cette affaire rappelle l'importance de « garantir la transparence et l'intégrité des processus électoraux ». Il a annoncé que le gouvernement étudiait des mesures pour renforcer la lutte contre les manipulations numériques en politique.
Un débat national sur la régulation des réseaux sociaux
Cette condamnation intervient alors que le débat sur la régulation des réseaux sociaux fait rage en France. La gauche plaide pour un encadrement strict, tandis que la droite et l'extrême droite dénoncent une « censure » des opinions dissidentes. Le gouvernement, quant à lui, cherche un équilibre entre liberté d'expression et protection contre les manipulations.
Dans ce contexte, l'affaire Hammou pourrait servir de catalyseur pour une réforme plus ambitieuse, notamment en matière de vérification des identités en ligne et de lutte contre les fake news. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si les partis politiques sauront tirer les leçons de cette affaire.