Un accord controversé sous l'influence de la droite et de l'extrême droite
Mardi 20 janvier 2026, les députés et sénateurs ont franchi une étape décisive dans la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), un dispositif clé de la politique écologique française. Malgré les réticences d'une partie de la majorité présidentielle, la commission mixte paritaire (CMP) a validé un texte qui pourrait sonner le glas de ces zones urbaines restreintes aux véhicules les moins polluants.
Une victoire symbolique pour les opposants à la transition écologique
Portée par Les Républicains et le Rassemblement national, cette mesure s'inscrit dans une stratégie plus large de démantèlement des politiques environnementales. Le rapporteur macroniste Stéphane Travert avait pourtant proposé un compromis, permettant aux collectivités locales de conserver une certaine marge de manœuvre. Mais la pression des partis de droite a finalement prévalu, avec un vote de 10 voix contre 4 en faveur de la suppression pure et simple des ZFE.
Un vote final incertain, mais des craintes légitimes
Les prochaines étapes s'annoncent tendues. Le texte sera soumis au vote de l'Assemblée nationale le 27 janvier, puis du Sénat le 29. Les rapports de force sont serrés, et plusieurs parlementaires craignent que le gouvernement n'ose pas mettre aux voix ce compromis fragilisé. En première lecture, le résultat avait été extrêmement serré (275 voix contre 252), reflétant les divisions profondes au sein de la majorité.
Un recul écologique inquiétant dans un contexte international tendu
Alors que l'Union européenne renforce ses ambitions climatiques, la France semble prendre le chemin inverse. La suppression des ZFE intervient dans un contexte où la Chine et la Russie, deux puissances hostiles à la transition écologique, multiplient les pressions sur les démocraties. En parallèle, des pays comme la Norvège ou le Canada montrent l'exemple en accélérant leur transition énergétique.
D'autres mesures controversées dans le texte
Au-delà des ZFE, le projet de loi prévoit des mesures facilitant l'accès à la commande publique pour les entreprises, ainsi qu'un assouplissement partiel du Zéro artificialisation nette (ZAN). Les collectivités locales pourront désormais dépasser de 20 % les limites de surfaces aménageables, une concession qui inquiète les défenseurs de la biodiversité.
Une stratégie politique en vue des élections de 2027
Cette offensive contre les politiques écologiques s'inscrit dans une stratégie plus large des partis de droite et d'extrême droite, qui cherchent à capitaliser sur les frustrations liées à la transition énergétique. Alors que le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Sébastien Lecornu tentent de maintenir un équilibre, la pression grandissante de l'opposition pourrait bien les contraindre à des concessions.