Un budget imposé sans vote, malgré les engagements
Mardi 20 janvier 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a finalement décidé d'utiliser l'article 49.3 pour faire adopter le budget 2026, rompant ainsi avec ses promesses répétées de ne pas recourir à cette procédure controversée. Une décision qui s'inscrit dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions croissantes entre la majorité et l'opposition.
Un revirement stratégique
Alors que le gouvernement avait réussi à éviter le 49.3 pour le budget de la Sécurité sociale en décembre, le texte de l'État a été imposé sans vote. Lecornu justifie cette décision par l'impasse politique dans laquelle se trouvait le gouvernement :
"Nous avons décidé, avec regret et amertume, d'engager la responsabilité du gouvernement. Tout simplement parce qu'on va dans une impasse."
Des concessions insuffisantes pour apaiser les tensions
Pour tenter de rassembler une majorité fragile, Lecornu a accordé des concessions à la droite et à la gauche. Parmi les mesures phares : une augmentation de la prime d'activité de 50 euros pour 3 millions de ménages et des repas à un euro pour les étudiants. Ces avancées ont partiellement satisfait les socialistes, comme le souligne Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne :
"Compte tenu des avancées significatives, ce 49.3 pourra se traduire normalement par une non-censure."
Cependant, la droite, bien que reconnaissante, juge le budget imparfait. Laurent Wauquiez, président du groupe Droite Républicaine, souligne que ces mesures ne suffisent pas à protéger les retraités et les ménages modestes.
Le risque d'une motion de censure
Le Rassemblement National et La France Insoumise ont déjà déposé des motions de censure, rejoints par les Écologistes. Si les 264 voix nécessaires étaient réunies, le gouvernement tomberait. Lecornu, conscient du danger, a affirmé qu'il n'y avait aucun accord secret pour éviter la censure.
Un budget sous tension
Ce recours au 49.3 intervient dans un climat de défiance croissante envers l'exécutif. La crise de la démocratie locale et la crise de la sécurité en France alimentent un mécontentement généralisé. Les partis d'opposition dénoncent un gouvernement autoritaire et détaché des réalités sociales.
Quelles conséquences pour 2027 ?
Cette crise budgétaire s'inscrit dans une stratégie des partis pour 2027 marquée par des divisions profondes. Alors que la gauche espère capitaliser sur ce rejet du 49.3, la droite et l'extrême droite tentent de fédérer une opposition commune. La question de la survie du gouvernement Lecornu II reste entière, alors que les motions de censure seront débattues jeudi 22 janvier.