Budget 2026 : Lecornu impose une surtaxe aux grandes entreprises pour sauver les finances publiques

Par Anachronisme 27/01/2026 à 06:29
Budget 2026 : Lecornu impose une surtaxe aux grandes entreprises pour sauver les finances publiques

Budget 2026 : surtaxe sur les grandes entreprises, hausse des crédits militaires et mesures sociales pour éviter la censure. Un équilibre précaire.

Un budget sous tension face à l'opposition parlementaire

Alors que le gouvernement Lecornu II affronte deux motions de censure, le Premier ministre a dû recourir à l'article 49.3 pour faire adopter son budget 2026. Une mesure controversée qui révèle les tensions persistantes entre l'exécutif et une opposition déterminée à bloquer les réformes.

Des recettes fiscales ajustées sous la pression politique

Le projet de loi de finances pour 2026 marque un tournant dans la politique fiscale du gouvernement. La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises passe de 4 à 8 milliards d'euros, une mesure saluée par la gauche mais critiquée par les milieux patronaux. En revanche, les ménages sont épargnés par toute augmentation d'impôt, une concession obtenue après des négociations tendues avec Les Républicains.

La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), instaurée en 2025, est prolongée d'un an, mais son rendement reste incertain. Les stratégies d'évitement fiscal des plus fortunés pourraient réduire ses recettes à seulement 650 millions d'euros, bien loin des 1,65 milliard initialement prévus.

Des mesures sociales pour apaiser la gauche

Pour éviter la censure du Parti socialiste, le gouvernement a consenti plusieurs concessions. La prime d'activité sera augmentée de 50 euros par mois pour plus de trois millions de ménages, une mesure qui coûtera 2 milliards d'euros à l'État. Le repas universitaire à un euro est généralisé, et les bourses étudiantes maintenues à leur niveau actuel.

Le gouvernement a également renoncé à l'année blanche sur l'aide personnalisée au logement (APL), une décision saluée par les associations caritatives. Cependant, ces mesures sociales contrastent avec une rigueur budgétaire imposée aux collectivités locales, qui devront réaliser un effort de 2 à 2,5 milliards d'euros.

Un budget marqué par les priorités sécuritaires

Alors que la crise de la sécurité en France s'aggrave, le budget des Armées est augmenté de 6,7 milliards d'euros. Une hausse significative qui s'inscrit dans une logique de renforcement des capacités militaires, alors que les tensions géopolitiques persistent avec la Russie et la Chine.

Les crédits alloués à la Justice et à l'Intérieur sont également en hausse, un signe clair des priorités du gouvernement face à la montée des violences urbaines et des attaques terroristes. En revanche, les ministères sociaux subissent des restrictions budgétaires, une politique qui pourrait alimenter les tensions sociales.

Un équilibre fragile pour 2026

Le budget 2026 vise à réduire le déficit à 5% du PIB, contre 5,4% en 2025. Un objectif ambitieux qui repose sur une réduction des dépenses publiques et une augmentation des recettes fiscales. Cependant, l'équilibre reste précaire, et les risques de nouvelles crises budgétaires ne sont pas écartés.

Alors que le gouvernement tente de naviguer entre les exigences de rigueur et les attentes sociales, l'opposition continue de dénoncer un budget injuste et inefficace. La bataille parlementaire est loin d'être terminée, et les prochains mois pourraient être marqués par de nouvelles tensions.

À propos de l'auteur

Anachronisme

On nous vend une modernité qui n'est qu'un retour en arrière déguisé. Destruction des services publics, casse du Code du travail, démantèlement de la Sécurité sociale : tout ce que nos grands-parents ont construit est méthodiquement détruit au nom du "progrès". Je refuse cette arnaque. Mon travail consiste à rappeler d'où nous venons pour comprendre où on nous emmène. Et croyez-moi, la destination ne me plaît pas. Je continuerai à documenter ce hold-up démocratique tant que ce sera possible.

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Commentaires (7)

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EyeToEye71

il y a 3 semaines

En Suède, ils ont essayé un truc similaire en 2019. Résultat : les grandes boîtes ont délocalisé une partie de leurs activités. Faut pas rêver, les multinationales ont plus de moyens que nos gouvernements.

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M

Megève

il y a 3 semaines

Intéressant de voir comment les gens réagissent : certains crient à l'injustice, d'autres applaudissent. Et si on parlait vraiment des solutions ?

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É

Éditorialiste anonyme

il y a 3 semaines

Bon... encore un budget qui tente de contenter tout le monde. On verra dans 6 mois si ça tient la route.

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A

Avocat du diable 2023

il y a 3 semaines

@editorialiste-anonyme Tu crois vraiment que ce budget va tenir ? Avec les élections dans 2 ans, c'est du vent.

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R

Reminiscence

il y a 3 semaines

Typique : on taxe les entreprises pour financer l'armée et des miettes sociales. Le grand écart budgétaire.

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M

Marguerite de Corse

il y a 3 semaines

Enfin une mesure qui cible les vrais profiteurs ! Mais attention, il faut vérifier que cette surtaxe ne sera pas reportée sur les consommateurs. @logiclover, tu penses que c'est crédible ?

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L

LogicLover

il y a 3 semaines

@marguerite-de-corse En Allemagne, une taxe similaire a effectivement été partiellement répercutée sur les prix. Mais avec un contrôle strict des prix, ça peut marcher. Reste à voir si le gouvernement aura la volonté politique...

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