Un budget sous tension face à l'opposition parlementaire
Alors que le gouvernement Lecornu II affronte deux motions de censure, le Premier ministre a dû recourir à l'article 49.3 pour faire adopter son budget 2026. Une mesure controversée qui révèle les tensions persistantes entre l'exécutif et une opposition déterminée à bloquer les réformes.
Des recettes fiscales ajustées sous la pression politique
Le projet de loi de finances pour 2026 marque un tournant dans la politique fiscale du gouvernement. La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises passe de 4 à 8 milliards d'euros, une mesure saluée par la gauche mais critiquée par les milieux patronaux. En revanche, les ménages sont épargnés par toute augmentation d'impôt, une concession obtenue après des négociations tendues avec Les Républicains.
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), instaurée en 2025, est prolongée d'un an, mais son rendement reste incertain. Les stratégies d'évitement fiscal des plus fortunés pourraient réduire ses recettes à seulement 650 millions d'euros, bien loin des 1,65 milliard initialement prévus.
Des mesures sociales pour apaiser la gauche
Pour éviter la censure du Parti socialiste, le gouvernement a consenti plusieurs concessions. La prime d'activité sera augmentée de 50 euros par mois pour plus de trois millions de ménages, une mesure qui coûtera 2 milliards d'euros à l'État. Le repas universitaire à un euro est généralisé, et les bourses étudiantes maintenues à leur niveau actuel.
Le gouvernement a également renoncé à l'année blanche sur l'aide personnalisée au logement (APL), une décision saluée par les associations caritatives. Cependant, ces mesures sociales contrastent avec une rigueur budgétaire imposée aux collectivités locales, qui devront réaliser un effort de 2 à 2,5 milliards d'euros.
Un budget marqué par les priorités sécuritaires
Alors que la crise de la sécurité en France s'aggrave, le budget des Armées est augmenté de 6,7 milliards d'euros. Une hausse significative qui s'inscrit dans une logique de renforcement des capacités militaires, alors que les tensions géopolitiques persistent avec la Russie et la Chine.
Les crédits alloués à la Justice et à l'Intérieur sont également en hausse, un signe clair des priorités du gouvernement face à la montée des violences urbaines et des attaques terroristes. En revanche, les ministères sociaux subissent des restrictions budgétaires, une politique qui pourrait alimenter les tensions sociales.
Un équilibre fragile pour 2026
Le budget 2026 vise à réduire le déficit à 5% du PIB, contre 5,4% en 2025. Un objectif ambitieux qui repose sur une réduction des dépenses publiques et une augmentation des recettes fiscales. Cependant, l'équilibre reste précaire, et les risques de nouvelles crises budgétaires ne sont pas écartés.
Alors que le gouvernement tente de naviguer entre les exigences de rigueur et les attentes sociales, l'opposition continue de dénoncer un budget injuste et inefficace. La bataille parlementaire est loin d'être terminée, et les prochains mois pourraient être marqués par de nouvelles tensions.