Éducation nationale : 700 postes sauvés in extremis, mais la réforme des enseignants reste chaotique

Par SilverLining 30/01/2026 à 17:09
Éducation nationale : 700 postes sauvés in extremis, mais la réforme des enseignants reste chaotique

Éducation nationale : 700 postes sauvés in extremis, mais la réforme des enseignants reste chaotique. Le gouvernement recule face aux syndicats.

Un revirement qui interroge

Alors que le ministère de l'Éducation nationale avait initialement annoncé la suppression de plus de 4 000 postes pour la rentrée 2026-2027, un revirement de dernière minute a finalement permis de sauver 776 emplois. Une décision qui soulève des questions sur la gestion des effectifs et la réforme controversée de la formation des enseignants.

Des chiffres qui évoluent en fonction des pressions

Lundi, le ministère avait transmis aux syndicats un document prévoyant la suppression de 2 229 postes dans le primaire et 1 803 dans le secondaire. Des chiffres bien supérieurs à ceux évoqués dans le projet de loi de finances, suscitant une levée de boucliers. La CGT Educ'action avait immédiatement dénoncé une "sinistre politique comptable", tandis que le Parti socialiste, pourtant allié du gouvernement sur le budget, avait rappelé que "l'école publique n'est pas une variable d'ajustement".

Mercredi, un nouveau texte amendé a réduit les suppressions à 1 891 dans le primaire et 1 365 dans le secondaire. Un changement justifié par le ministère comme une simple "clarification", mais qui ressemble davantage à un recul face à la mobilisation syndicale.

La réforme des enseignants, source de confusion

Derrière cette volte-face, une réforme mal maîtrisée : la double organisation des concours de recrutement. D'un côté, le concours traditionnel après un master (5 ans d'études), de l'autre, un nouveau concours accessible après une licence (3 ans). Cette cohabitation a créé une incertitude sur le nombre et la répartition des futurs enseignants, poussant le ministère à "mettre en réserve" 776 postes.

"La mise en réserve était la solution la plus évidente sur le plan budgétaire", explique le ministère. Mais pour Sophie Venetitay, secrétaire générale du Snes-FSU, cette justification arrive "trop tard" et révèle une réforme "menée dans la précipitation". Le SNALC va plus loin, dénonçant "l'incapacité du ministère à produire les bons chiffres" et rappelant que la France compte déjà parmi les classes les plus chargées d'Europe.

Un gouvernement sous pression

Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur sa gestion des finances publiques, cette affaire illustre les tensions croissantes autour de l'éducation. La droite et l'extrême droite, traditionnellement critiques sur les suppressions de postes, pourraient bien instrumentaliser ce dossier à l'approche des élections de 2027. La gauche, elle, y voit un symptôme de plus des difficultés structurelles du système éducatif, aggravées par les réformes successives.

Reste que, malgré ce rebond, près de 3 000 postes devraient tout de même être supprimés, au nom de la baisse démographique. Un argument contesté par les syndicats, qui rappellent que la qualité de l'éducation ne se mesure pas uniquement au nombre d'élèves.

À propos de l'auteur

SilverLining

On me demande souvent comment je garde espoir face au désastre politique actuel. Ma réponse est simple : je vois ce qui se passe sur le terrain. Des citoyens qui s'organisent, des collectifs qui naissent, des alternatives qui émergent. La politique ne se résume pas aux jeux de pouvoir parisiens. Partout en France, des gens refusent la résignation et inventent autre chose. C'est cette France-là que je documente, celle qui ne fait jamais les gros titres mais qui prépare le monde d'après.

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Commentaires (9)

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Fab-49

il y a 2 semaines

Le problème, c'est que le gouvernement n'a pas anticipé les réactions des syndicats. Ils ont sous-estimé les rapports de force. Résultat : on improvise. Et les enseignants trinquent.

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Tirésias

il y a 2 semaines

Ah, la réforme qui traîne... J'avais un pote en 2000 qui m'avait dit la même chose. Bon, finalement, ça a fini en demi-teinte. L'histoire se répète.

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DigitalAge

il y a 2 semaines

Franchement, j'en ai marre de ces annonces en mode 'on va tout changer' et après c'est le bordel !!! @tiresias Tu as raison, c'est toujours pareil...

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Etchecopar

il y a 2 semaines

Moi je suis prof et je peux vous dire que c'est la merde !!! On nous promet des trucs et après on nous laisse dans le flou... Jsp comment on va faire l'année prochaine...

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Eguisheim

il y a 2 semaines

@etchecopar Je comprends, j'ai vécu ça aussi. Mais le problème c'est que les syndicats bloquent tout aussi. Il faut trouver un compromis, non ?

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WordSmith

il y a 2 semaines

Nooooon mais sérieux ??? 700 postes c'est rien du tout !!! Et en plus ils galèrent avec leur réforme... Franchement, ils sont à la ramasse...

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Zen_187

il y a 2 semaines

Ptdr @wordsmith t'as raison !!! Ils nous prennent pour des pigeons !!! Genre 'on sauve des postes' mais en vrai c'est la galère pour tout le monde !!!

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tregastel

il y a 2 semaines

700 postes sauvés... et après ? La réforme va continuer à s'embourber dans les négociations. Bref, on fait du surplace.

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Prologue48

il y a 2 semaines

Le gouvernement recule encore ! C'est toujours la même chose : ils annoncent des réformes sans les assumer. @tregastel Tu as raison, mais c'est pire : ils font croire qu'ils écoutent alors qu'ils improvisent.

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