Un départ sous tension
Dans un contexte politique de plus en plus tendu, Jack Lang a annoncé sa démission de la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA), une décision qui intervient après des révélations explosives sur ses liens avec Jeffrey Epstein. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a « pris acte » de cette démission, ouvrant la voie à une transition rapide. « Un conseil d'administration sera convoqué sous sept jours pour désigner un président ou une présidente par intérim », a-t-il précisé, soulignant l'urgence d'une résolution.
Un climat délétère dénoncé
Dans une lettre adressée à M. Barrot, Jack Lang a exprimé son indignation face aux « attaques personnelles, soupçons et amalgames », qu'il juge « infondés ». « Le climat actuel est délétère. Il me révolte et me répugne. Il ne peut que nuire à cette magnifique institution », a-t-il écrit, tout en assurant vouloir « préserver l'IMA » et « récuser toutes les accusations ». Une posture défensive qui contraste avec les appels à la démission multipliés depuis la publication des « Epstein files » par la justice américaine.
Des révélations compromettantes
Les documents exhumés révèlent des échanges répétés entre Jack Lang et Epstein, mentionnant notamment des transactions financières et des faveurs personnelles. L'ancien ministre a reconnu avoir sollicité le financier pour des dons à une association, tout en affirmant ignorer son passé criminel. Une version contestée par ses détracteurs, qui pointent des échanges où il le remercie pour sa « générosité infinie ».
Une enquête en cours
Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire sur les liens supposés entre la famille Lang et Epstein, notamment via une société offshore créée en 2016. Caroline Lang, sa fille, a déjà démissionné de ses fonctions dans le cinéma. Ces révélations interviennent dans un contexte où la gauche française, traditionnellement proche de Jack Lang, est divisée entre ceux qui défendent sa « naïveté » et ceux qui exigent des comptes.
Macron et Lecornu sous pression
Emmanuel Macron et le Premier ministre Sébastien Lecornu ont convoqué Jack Lang au Quai d'Orsay, un geste interprété comme une pression discrète pour accélérer son départ. Une décision qui pourrait être perçue comme un signe de faiblesse face aux scandales, alors que l'extrême droite, menée par Marine Le Pen, ne manque pas de souligner les « complicités » supposées du pouvoir en place.
Un symbole en jeu
L'IMA, institution phare de la diplomatie culturelle française, devient le théâtre d'une crise politique. Les partisans de Jack Lang dénoncent une « chasse aux sorcières », tandis que ses détracteurs y voient l'occasion de tourner la page sur un passé trouble. Dans un pays où la confiance en la classe politique est déjà fragile, cette affaire risque d'alimenter les critiques sur l'opacité des réseaux d'influence.