Un procès en appel qui éclabousse le Rassemblement national
Alors que la France traverse une crise des vocations politiques et une crise de la démocratie locale, l'affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national (RN) refait surface. Louis Aliot, figure emblématique du parti d'extrême droite, se retrouve sous le feu des projecteurs lors de son procès en appel, accusé de détournement de fonds publics.
Un embauche opaque et des contradictions
Condamné en première instance à 18 mois de prison, dont 12 avec sursis, et à trois ans d'inéligibilité, Louis Aliot, maire de Perpignan et député européen, tente de se défendre devant la cour d'appel de Paris. Son argument ?
« On en avait parlé dans mon bureau, mais on était dans un grand désordre, c’était assez compliqué de suivre le mouvement. »Une défense qui peine à convaincre, alors que les faits sont accablants.
En 2014, alors tout nouveau député européen, Aliot embauche Laurent Salles, un militant frontiste au chômage, sans même lui faire passer d'entretien. Une embauche qui sent le copinage et le manque de transparence, dans un contexte où le RN est régulièrement pointé du doigt pour son opacité financière.
Un maire toujours en poste malgré les soupçons
Alors que la justice se penche sur cette affaire, Louis Aliot reste maire de Perpignan, ville conquise par le RN en 2020. Une situation qui interroge sur l'indépendance de la justice face aux élus d'extrême droite. Comment un homme condamné pour détournement de fonds peut-il encore diriger une ville de plus de 100 000 habitants ?
Porté par des sondages flatteurs, Aliot ne doute pas d'être réélu en mars prochain. Un paradoxe dans un pays où la démocratie locale semble fragilisée, alors que le gouvernement Lecornu II tente de rétablir la confiance des citoyens dans les institutions.
Un procès qui révèle les dérives du RN
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les partis politiques sont accusés de clientélisme et de détournement des fonds publics. Le RN, souvent critiqué pour son manque de transparence, voit ici ses méthodes remises en question.
Alors que la France s'interroge sur l'avenir de ses institutions, ce procès en appel pourrait bien marquer un tournant dans la lutte contre la corruption politique. La justice devra trancher : la démocratie locale peut-elle coexister avec des pratiques aussi douteuses ?