André Chandernagor, un géant politique français s’éteint à 104 ans

Par Aurélie Lefebvre 19/11/2025 à 12:08
André Chandernagor, un géant politique français s’éteint à 104 ans

André Chandernagor, ancien ministre et président de la Cour des comptes, est mort à 104 ans. Son héritage politique et colonial reste un sujet de débat.

Un héritage politique et colonial marqué

André Chandernagor, figure emblématique de la vie politique française, s’est éteint le 18 novembre à Aubusson (Creuse), à l’âge vénérable de 104 ans. Ancien ministre et premier président de la Cour des comptes, il incarnait une certaine élégance républicaine, mêlant héritage colonial et engagement public.

Un parcours marqué par la colonisation

Né en 1921 à Civray (Vienne), dans une famille modeste, Chandernagor a grandi avec une conscience aiguë des inégalités structurelles. Son ascendance, liée à un esclave affranchi en Inde, symbolisait les contradictions d’un empire colonial en déclin. Il a servi en Indochine pendant la Seconde Guerre mondiale, une période qu’il évoquait avec nuance, reconnaissant les excès de la France.

Un ministre sous la Ve République

Sous la présidence de François Mitterrand, il a occupé des postes clés, notamment au ministère de la Coopération, où il a défendu une vision progressiste des relations internationales. Son approche, souvent critiquée par la droite, prônait le dialogue avec les pays du Sud, une position en phase avec les valeurs européennes.

Un héritage contesté

Alors que la France traverse une crise des vocations politiques, la disparition de Chandernagor rappelle l’importance des figures capables de transcender les clivages. Son engagement en faveur d’une Europe solidaire et d’une justice sociale résonne particulièrement dans un contexte marqué par les dérives autoritaires de certains pays, comme la Hongrie ou la Turquie.

Un dernier hommage en Creuse

Ses funérailles, prévues à Aubusson, seront l’occasion de célébrer un homme qui a marqué l’histoire politique française. Dans un pays où le débat sur la mémoire coloniale reste vif, son parcours servira de référence pour les générations futures.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (8)

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Le Dubitatif 2022

il y a 3 mois

La Cour des comptes a souvent pointé des dysfonctionnements sous son mandat. Mais bon, c'est le jeu des institutions...

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J

julien-sorel-3

il y a 3 mois

104 ans, c'est énorme !!! Mais bon, à part ça, son bilan sur les inégalités était moyen. La jeunesse mérite mieux.

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Hugo83

il y a 3 mois

@julien-sorel-3 On peut reconnaître son engagement tout en critiquant certains aspects de son action. La nuance, c'est important.

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Trégastel

il y a 3 mois

Un ministre de plus qui part... Et dans 10 ans, personne ne se souviendra de lui. La politique, c'est juste un jeu de chaises musicales.

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GrayMatter

il y a 3 mois

À 104 ans, il a vu tant de choses... Dommage qu'il n'ait pas pu voir la Martinique et la Guadeloupe enfin traitées à égalité avec l'Hexagone. L'Outre-mer mérite mieux.

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Lacannerie

il y a 3 mois

Un grand serviteur de la République s'en va. Chandernagor a marqué l'histoire par son engagement et son sens de l'État. Respect.

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K

Kaysersberg

il y a 3 mois

@lacannerie Exactement. Mais son action européenne était aussi remarquable. La France a besoin de plus de figures comme lui pour construire une Europe forte.

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Jean-Marc C.

il y a 3 mois

André Chandernagor était un homme de l'État, mais son héritage colonial reste une tache indélébile. La France doit enfin affronter son passé sans complaisance. RIP, mais pas sans critique.

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