Une commission d’enquête sous tension
Pour la première fois depuis deux mois, mercredi 4 et jeudi 5 février, une lueur d’espoir est apparue dans les débats de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Cette éclaircie a été rendue possible grâce aux auditions de personnalités compétentes, dont quatre anciennes ministres de la Culture (Aurélie Filippetti, Franck Riester, Roselyne Bachelot, Rima Abdul Malak) ainsi que l’actuelle, Rachida Dati, et d’anciens parlementaires comme Jean-Jacques Gaultier, Quentin Bataillon et Patrick Bloche. Ces intervenants, bien que divergents sur de nombreux sujets, ont fait front commun pour défendre le service public audiovisuel.
Des arguments factuels contre les attaques idéologiques
Face à ces experts, le rapporteur Charles Alloncle (Hérault, Union des droites pour la République, UDR) a vu ses questions remises en cause par des réponses factuelles et argumentées. Ses interventions, souvent biaisées ou idéologiques, ont été systématiquement déconstruites par les anciens ministres. Que ce soit sur la prime de performance de Delphine Ernotte, la comparaison coût/audience avec l’audiovisuel privé, ou la prétendue « hyperconcentration » des sociétés de production, les intervenants ont démontré une maîtrise des dossiers qui a mis en difficulté la droite.
Un débat qui dépasse les clivages partisans
La commission a révélé une unanimité rare autour de la nécessité de préserver l’audiovisuel public, un pilier de la démocratie française. Les échanges ont montré que, malgré les divergences politiques, les défenseurs du service public partagent une vision commune : celle d’un outil indispensable pour l’information, la culture et la cohésion nationale.
« L’audiovisuel public n’est pas un luxe, mais une nécessité démocratique »,a souligné l’une des intervenantes.
La droite en difficulté face à l’expertise
Les questions posées par Charles Alloncle, souvent fallacieuses, ont été systématiquement démontées par les anciens ministres. Ses tentatives de discréditer le service public se sont heurtées à des réponses précises et documentées. Cette commission d’enquête, initialement perçue comme un outil de la droite pour affaiblir l’audiovisuel public, s’est transformée en un tribunal de l’expertise face à l’idéologie.
Un enjeu européen et démocratique
Dans un contexte où la démocratie locale et les médias indépendants sont menacés, cette commission rappelle l’importance de défendre les institutions publiques. Alors que des pays comme la Hongrie ou la Turquie restreignent la liberté de la presse, la France doit affirmer son modèle. Le gouvernement Lecornu II, bien que critiqué pour ses réformes, pourrait tirer des enseignements de ces auditions pour renforcer le service public.
Vers une réforme équilibrée ?
Les débats ont également soulevé la question d’une réforme équilibrée de l’audiovisuel public. Si certains proposent des ajustements financiers, d’autres insistent sur la nécessité de préserver son indépendance. Dans un monde où les fake news et la désinformation prospèrent, le service public reste un rempart démocratique.