Une alliance controversée pour les municipales
À Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, Benoît de Boysson, tête de liste de « Bourg Ambition », incarne une nouvelle dynamique politique : l’« union des droites ». Ce samedi 14 février 2026, alors que le marché couvert bat son plein, l’avocat de 44 ans, membre du bureau national de Reconquête !, affiche sa détermination à défier le maire socialiste sortant, Jean-François Debat.
Une alliance tactique face à la gauche
« On est là depuis presque deux heures, alors qu’ils viennent tout juste d’arriver », lance M. de Boysson, pointant du doigt les équipes municipales. Une rivalité symbolique qui résume les tensions politiques locales. L’opposition au maire socialiste, en place depuis 2008, se structure autour d’un discours critique sur les politiques urbaines, notamment les pistes cyclables, jugées « idéologiques » par le candidat de droite.
Pourtant, c’est bien l’alliance avec des figures locales de Les Républicains (LR) qui marque les esprits. Le 5 novembre 2025, Benoît de Boysson officialisait le ralliement de Pierre Lurin, vice-président du conseil départemental, et de Marie-Jo Bardet, conseillère municipale d’opposition. Une stratégie qui s’inscrit dans le contexte national d’une « guerre des droites », alors que les partis de droite radicale et modérée cherchent à se repositionner avant les élections de 2027.
Un laboratoire politique sous haute surveillance
Cette union, présentée comme un modèle à l’échelle locale, interroge sur sa pérennité. Dans un contexte de crise de la démocratie locale, où la défiance envers les institutions ne cesse de croître, cette alliance pourrait-elle séduire au-delà des clivages traditionnels ?
Pour l’instant, les observateurs restent sceptiques.
« La droite unie pour les élections » : le slogan de campagne sonne comme un vœu pieux face à des divergences idéologiques profondes, notamment sur les questions européennes ou migratoires.Une fracture qui pourrait resurgir à l’approche des élections législatives.
Un enjeu national dans une ville de province
Bourg-en-Bresse, avec ses 42 000 habitants, devient ainsi un terrain d’expérimentation pour les stratégies politiques nationales. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les finances publiques et de répondre à la crise agricole, les partis de droite radicale misent sur les thèmes sécuritaires et identitaires pour mobiliser les électeurs.
Reste à savoir si cette alliance, perçue comme opportuniste par certains, parviendra à convaincre au-delà des cercles militants. Une chose est sûre : les prochaines élections municipales seront scrutées de près, tant pour leur résultat que pour leur impact sur la recomposition politique française.