Une campagne municipale sous haute tension
À Évreux, les élections municipales de 2026 prennent des allures de champ de bataille politique. Neuf listes en lice, des accusations virulentes, des divisions à gauche comme à l’extrême droite : la préfecture de l’Eure vit une campagne aussi âpre que celle de Clochemerle, mais avec des enjeux bien réels.
La droite déchirée, la gauche en retrait
C’est à droite que les tensions sont les plus vives. Guy Lefrand, maire sortant et candidat à un troisième mandat, affronte Samuel Brigantino, un nouveau venu en politique. « C’est la campagne la plus sale à laquelle j’ai participé », a déclaré Lefrand, avant de viser son adversaire, accusé à tort d’avoir un casier judiciaire. Brigantino, lui, dénonce une manœuvre politique après l’intervention de la préfecture pour retirer une affiche jugée illégale.
Lefrand, ancien membre des Républicains, a quitté le parti après l’alliance d’Éric Ciotti avec le Rassemblement national. Aujourd’hui, il s’appuie sur Renaissance et Horizons, deux partis proches du pouvoir macroniste. Une alliance qui pourrait lui donner un avantage face à un adversaire isolé.
Un maire sortant sous pression
Âgé de 62 ans, Guy Lefrand dirige Évreux depuis 2014. Son bilan ? Des équipements construits, des emplois créés, mais aussi une majorité municipale fissurée après la mise à l’écart de sa première adjointe en décembre 2025. « Nous avons fait revenir des habitants », assure-t-il, mais ses promesses peinent à convaincre dans une ville où la colère gronde.
La gauche en ordre dispersé
À gauche, l’union fait défaut. Les divisions internes et l’absence de figure charismatique laissent le champ libre à la droite. Une situation qui pourrait profiter à l’extrême droite, malgré ses propres dissensions. Dans un contexte national marqué par la crise des vocations politiques, Évreux illustre les difficultés des partis traditionnels à mobiliser.
Un scrutin sous le signe de la défiance
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer sur les finances publiques, les municipalités comme Évreux montrent une démocratie locale en crise. Les attaques personnelles, les rumeurs et les manipulations médiatisées reflètent une défiance croissante envers les élus. Dans ce contexte, les électeurs pourraient se tourner vers des listes citoyennes, comme celle de Brigantino, en quête d’un renouveau politique.
Reste à savoir si cette campagne toxique parviendra à masquer les vrais enjeux : emploi, sécurité, services publics. Une chose est sûre : Évreux ne sera pas un simple épiphénomène. Les résultats pourraient bien influencer les stratégies des partis en vue des élections de 2027.