Un budget entaché par une erreur matérielle et des tensions politiques
Alors que le gouvernement Lecornu II s’apprête à faire adopter le budget 2026, une erreur matérielle dans la procédure parlementaire a plongé le processus dans une crise inédite. Une ultime péripétie dans l’élaboration laborieuse de ce texte crucial, qui révèle les dérives d’un pouvoir en difficulté.
Une erreur qui remet en cause la sincérité du budget
L’amendement essentiel préparé par l’exécutif pour actualiser les grands équilibres financiers n’a pas été enregistré à l’Assemblée nationale, malgré les échanges préalables. Résultat : la version soumise aux députés lundi 2 février ne correspond plus à la réalité, selon les critiques de l’opposition.
« L’article liminaire est faux », a reconnu Philippe Juvin (Les Républicains), rapporteur général du budget. « Cela entache la sincérité du texte au regard des principes constitutionnels. »
Jean-François Husson (LR), son homologue au Sénat, a également dénoncé une procedure entachée, ouvrant la voie à des recours devant le Conseil constitutionnel. Une situation qui pourrait affaiblir davantage un gouvernement déjà fragilisé.
Un redressement des comptes basé sur la hausse des impôts
Le budget 2026 repose à 75 % sur une hausse des impôts, une mesure qui alimente les critiques de la gauche et de l’extrême droite. Une politique d’austérité déguisée, selon Jean-Luc Mélenchon, qui dénonce un budget injuste pour les classes populaires.
Du côté de l’exécutif, on justifie cette hausse par la nécessité de redresser les finances publiques, mais l’opposition y voit une stratégie électorale en vue des élections de 2027. Un budget qui pourrait coûter cher au pouvoir en place.
Des motions de censure attendues, mais un gouvernement déterminé
L’extrême droite et la gauche non-socialiste ont déposé des motions de censure, mais leur adoption semble improbable. Sébastien Lecornu a engagé la responsabilité de son gouvernement, une manœuvre qui pourrait écarter les critiques, mais pas les doutes sur la légitimité du texte.
Dans ce contexte, le budget 2026 risque de devenir un symbole des tensions politiques en France, alors que le pays fait face à des défis économiques et sociaux majeurs. Une crise qui pourrait accélérer la crise des vocations politiques.